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Charles Baudelaire
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Charles BAUDELAIRE
   (1821 - 1867)
 

Les Fleurs du Mal

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Charles Baudelaire - Les Fleurs du Mal
- 8. A la Belle aux cheveux d'or -
(Revue des Deux Mondes, 1er juin 1855)

.>>>  9. L'Invitation au voyage.

 
Charles Baudelaire | Les Fleurs du mal - Les Epaves - Le Spleen de Paris  
Pouvons-nous étouffer le vieux, le long Remords,
Qui vit, s’agite et se tortille,

Et se nourrit de nous comme le ver des morts,
Comme du chêne la chenille ?
Pouvons-nous étouffer l’impeccable Remords ?

Dans quel philtre, dans quel vin, dans quelle tisane
Noîrons-nous ce vieil ennemi,
Destructeur et gourmand comme la courtisane,
Patient comme la fourmi ?
Dans quel philtre ? — Dans quel vin ? — Dans quelle tisane ?

Dis-le, belle sorcière, oh ! dis, si tu le sais,
À cet esprit comblé d’angoisse
Et pareil au mourant qu’écrasent les blessés,
Que le sabot du cheval froisse,
— Dis-le, belle sorcière, oh ! dis, si tu le sais,

À cet agonisant que déjà le loup flaire
Et que surveille le corbeau,
— À ce soldat brisé, — s’il faut qu’il désespère
D’avoir sa croix et son tombeau ;
Ce pauvre agonisant que déjà le loup flaire !

Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ?
Peut-on déchirer des ténèbres
Plus denses que la poix, sans matin et sans soir,
Sans astres, sans éclairs funèbres ?
Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ?

L’Espérance qui brille aux carreaux de l’Auberge
Est soufflée, est morte à jamais !
Sans lune et sans rayons trouver où l’on héberge
Les martyrs d’un chemin mauvais !
Le diable a tout éteint aux carreaux de l’Auberge.

Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ?
Dis, connais-tu l’irrémissible ?
Connais-tu le remords, aux traits empoisonnés,
À qui notre cœur sert de cible ?
Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ?

L’Irréparable ronge avec sa dent maudite
Notre âme, — honteux monument, —
Et souvent il attaque, ainsi que le termite,
Par la base le bâtiment.
L’Irréparable ronge avec sa dent maudite !

J’ai vu parfois, au fond d’un théâtre banal
Qu’enflammait l’orchestre sonore,
Une fée allumer dans un ciel infernal
Une miraculeuse aurore ;
J’ai vu parfois, au fond d’un théâtre banal,

Un être qui n’était que lumière, or et gaze,
Terrasser l’énorme Satan ;
Mais mon cœur, que jamais ne visite l’extase,
Est un théâtre où l’on attend
Toujours, — toujours en vain, — l’Être aux ailes de gaze !
 

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Charles Baudelaire - Les Fleurs du Mal
- 8. A la Belle aux cheveux d'or -
(Revue des Deux Mondes, 1er juin 1855)

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