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Victor HUGO
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Victor HUGO
   (1802 - 1885)
 

Proses philosophiques - 1860 à 1865

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Proses philosophiques

- Le Tyran -
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>>> Les Traducteurs

 
Il existe des sceptiques agréables que le mot tyran fait sourire.

— Est-on certain qu’il y ait jamais eu des tyrans ? s’écrient-ils.

Le tyran, c’est le mastodonte, cela barbotait, avant le déluge, dans la première boue qui a été la terre. Busiris est fossile comme Béhémoth. Affaire de musée. Pendez-moi ces gros os avec une étiquette sous une voûte. Le tyran veut être annoté par Cuvier. Il ne peut être raconté que dans un in-quarto orné de planches. On est de l’académie des inscriptions pour savoir ce que c’est. Parlons sérieusement. Le mot tyran a-t-il un sens ? Tacite est-il bien sûr d’avoir vu Néron ? L’histoire, et la philosophie, pire que l’histoire, et la poésie, pire que la philosophie, regardent à la loupe les trônes. Juvénal a exagéré Messaline ; Guichardin a grossi Borgia. Dans tous les cas, s’il y a eu des tyrans, il n’y en a plus. Tyrannie, ces trois syllabes font du bruit, mais ne s’appliquent à aucune réalité. Despotes, despotisme, que signifient ces déclamations ? Où sont les maîtres ? Où sont les esclaves ? Nous sommes heureux et satisfaits. Tout un côté des philosophes et des poètes radote. Silence au banc des songe-creux ! Les trois quarts des tragédies rabâchent. Contez Barbe-bleue à d’autres. Qui veut trop prouver ne prouve rien. Vos Shakespeare, avec leurs Richards III invraisemblables, dépassent le but. Rayez ces noms, matière à amplifications. Sortons du passé. Henri VIII est fini ; Macbeth est mort.

Macbeth est vivant, Henri VIII prospère, l’ombre de l’épaule de Richard III se projette dans la politique. Tout ce passé est du présent. Dans quel paradis croyez-vous donc être ? Dire que l’histoire enfle les proportions, et excuser l’hydre sous prétexte qu’on la regarde au microscope et qu’au fond le dragon— n’est qu’un acarus, cela ne suffit pas ; il faudrait nous retirer de devant nous ce qui est sous nos regards ; nos yeux ne sont que .des yeux et voient des énormités. Blanchir Tibère calomnié, disculper l’ours ou Nicolas, chercher les circonstances atténuantes du tigre, constater avec indulgence son crâne plat, discuter la quantité de chair restée à l’os rongé et de liberté laissée à un peuple, appeler épée le coutelas, substituer césarisme à despotisme, cela est faisable, cela peut sembler curieux et nouveau, ce pickle peut plaire aux palais blasés ; mais après ? Le fait tyrannie surnage, le mot tyran flamboie. Macbeth et Henri VIII et Richard III sont vivants, vous dis-je !

Ou bien faites-nous sourds et aveugles ! Que se passe-t-il autour de nous ? Est-ce que vous n’entendez pas les cris ? Des faits ! On n’a qu’à en prendre au hasard. Chaque empire a son tas d’horreurs comme chaque borne a son tas d’ordures. Ah ! vous dites : faites-moi le plaisir de me montrer des tyrans ! Eh bien, regardez !

En 1860, pendant qu’on jugeait en France l’infanticide Legros, Abdul Medjid, le plus doux de sa race d’ailleurs, faisait étrangler l’enfant de sa fille, son petit-fils. Le jeune shah de Perse actuel, à son avènement, en entrant dans une ville qui avait été lente, à le reconnaître, a reçu en présent sur un plat d’or trente livres pesant d’yeux arrachés. Voilà pour l’Asie ; en Afrique, l’avènement du roi de Dahomey, l’an 1861, a eu aussi sa fête ; on a égorgé trois mille nègres pour faire, selon l’usage, un petit lac de sang humain où le nouveau roi pût se promener en nacelle. En Amérique, l’esclavage, chancre, dévore la face d’une république ; on est marchand d’hommes, on est propriétaire de femmes ; voici une annonce de quatrième page d’un journal que je copie : A vendre, deux porcs gras, quatre places dans le banc N" 83 côté Est de l’église de paroisse, un nègre charpentier et maçon, une négresse de quatorze ans, un petit cheval avec une charrette à ressorts et harnais. S’adresser chez P. Cudder, rue du Marché On achète une jeune fille comme une jument ; on met à l’encan séparément la mère et l’enfant ; on adjuge le nourrisson à un maître et la mamelle à un autre ; ces républicains sont des citoyens à cachots et à sérails, dont chacun trouve moyen d’être dans cent toises carrées czar et sultan ; ils mettent sur leur coalition de tyrannies cet écriteau : Liberté. Mais quoi, le Dahomey, la Perse, l’Amérique, ah ! que n’allez-vous en Chine ! Vous les prenez loin, vos exemples ! Soit. Rapprochons-nous. En Espagne, la couronne catholique envoie aux galères pour dix ans quiconque lit la Bible ; l’Autriche applique la carcere duro à ce cri : Vive Venise ! À Naples, avant que Garibaldi vînt, il y avait la chaise ardente ; à Rome, il y a la mordacchia. Est-ce que nous n’avons pas en Europe, et parmi nos contemporains, quelqu’un qui s’appelle Haynau et quelqu’un qui s’appelle Gorstchakoff ? Écoutez ceci : Un cortège passe dans une rue, une foule suit un corbillard, dans ce corbillard il y a le cadavre d’une femme ; amis et parents sont vêtus de deuil, le silence est profond, la douleur est profonde, on pleure sur une famille ; la femme est morte, le mari est exilé. Les larmes, quelle audace ! Être en noir, quelle rébellion ! C’est outrager le maître que de sangloter dans une affaire où il y a de l’exil. Cette bière devait s’en aller seule. Que vient faire là cette foule ? On ne doit pas savoir que la femme est morte, puisque le mari est proscrit. L’ordre est troublé, il importe de le rétablir. Le convoi suit sa marche, fronts baissés, têtes découvertes, pas un cri, pas un mot : des prières derrière un linceul. Tout à coup d’une rue latérale débouche au galop un régiment de cavalerie le sabre au fourreau, et le fouet à la main. Cette cohue se rue sur ce deuil, hurle, blasphème, insulte, piétine, et les coups de fouet pleuvent sur ceux qui pleurent. La foule joint les mains, tombe à genoux, fuit, se disperse, et dans le tumulte on entend quelque chose qui rend un son creux ; c’est le cercueil sous la fustigation des soldats : la morte a sa part du knout. Où cela s’est-il passé ? en Pologne. Dans quelle ville ? A Varsovie. Qu’était-ce que ce régiment ? des cosaques. Le nom de la morte ? La comtesse Zamoïska. L’année ? 1862. Le mois ? Novembre. C’était hier. L’Autriche fouette les femmes ? La Russie fouette les tombes. Que dites-vous du spécimen ? La tyrannie est-elle un rêve ? Le tyran existe-t-il, oui ou non ? Pensez-vous que la Pologne, ce soit assez près ? Nous pourrions, si vous le souhaitiez, nous rapprocher encore. Voilà où en est l’humanité. Ici l’un se parjure, là l’autre pille, là l’autre torture, là l’autre exile et proscrit, là l’autre canonne, bombarde, fusille et mitraille, là l’autre assassine, là l’autre massacre. Décidément, reprendre un peu respiration serait nécessaire. Est-ce que vous ne trouvez pas que le moment est venu d’en finir avec les monstres ?
 

Chose frappante, les tyrans ne craignent pas les génies de leur vivant. Cela tient à ce qu’ils ne les voient pas. Les tyrans sont des petitesses, les génies sont des énormités. Or le phénomène de l’énormité vis-à-vis de la petitesse, c’est d’être imperceptible. Éveiller la conscience d’un tyran, le faire reculer, cela est moins aisé que de le mettre à jamais au carcan dans l’histoire comme a fait Tacite pour Tibère ou dans l’épopée comme a fait Dante pour Boniface VIII. Qui peut le plus ne peut pas toujours le moins. On eût bien étonné Boniface VIII et Tibère si on leur eût dit en leur montrant Dante et Tacite : prenez garde ! Tout à l’heure j’ai fait de vains efforts pour effrayer une araignée microscopique tombée je ne sais d’où sur mon papier et courant sous le bec même de ma plume. Cet atome ne me percevait pas. Mes dimensions échappaient aux siennes. Je pouvais l’écraser, non l’avertir.

Et à ce propos, ne passons pas outre sans noter un curieux reproche récemment adressé à Tacite et à Juvénal par un nouveau venu de la critique historique. L’avertissement préalable aux tyrans avant de les flétrir, cet avertissement difficile pour la raison que nous venons de dire, et pour d’autres encore, le .nouveau venu en question l’exige. Ce chevalier de Messaline et de Tibère accuse Juvénal d’avoir pris en traître toute cette Rome des Césars. On n’a pas le droit de s’en aller en laissant aux siècles de telles condamnations à exécuter. Tacite encourt le même blâme. Ce poëte, Juvénal, et cet historien, Tacite, sont dans leur tort. Ces justiciers sortent brusquement du nuage derrière les maîtres du monde, cela n’est pas bien. Ces cochers du char des foudres auraient dû crier gare.
 

L’âme parfois pèse au philosophe. La pensée semble une lourde obligation. Voir l’homme, faire plus que le voir, le regarder, faire plus que le regarder, l’observer, faire plus que l’observer, le scruter, faire plus que le scruter, le disséquer, faire plus que le disséquer, l’analyser, certes, c’est là une rude affaire, et l’on se prend à envier les êtres inconscients, mêlés aux puretés éternelles de la création. On trouverait doux d’être une bête brute dans les bois. Virgile loue Auguste, c’est peu, mais Lucain loue Néron. Voltaire est banni, non pour ses hardiesses bonnes et justes, mais pour une bassesse mal faite. La flatterie mal venue fait jeter à la porte le flatteur. Même plat exil d’Ovide. Cromwell, formidable, signe l’arrêt de mort de Charles Ier, puis de la même plume, bouffon, barbouille d’encre la moustache d’Ireton. Les libres hollandais trouvent moyen de gâter la mort de Guillaume le Taciturne par le supplice de Balthazar Gérard. Jurieu est jaloux de Bayle, et le dénonce, et ce proscrit tâche de proscrire. Robespierre tue Danton. Carrier met sur la république la tache que Jeffryes met sur la royauté et qu’Innocent III met sur l’église. Ceux pour qui l’on travaille haïssent leurs travailleurs ; les écoliers de Cracovie frappent Socin et les écoliers de Paris égorgent Ramus. Jean-Jacques est chassé de Suisse à coups de pierres. L’aréopage est hideux, le concile est atroce. Aeneas Sylvius qui s’indignait de la condamnation de Socrate et s’écriait : cicuta hor'renda, vote pour le bûcher de Jean Huss. Un César est bon par hasard, c’est Pertinax, on se dépêche de le tuer, et Didius Julianus fait danser le mime Pylade dans la chambre où le vieil empereur vient d’être égorgé. Dieu ne trouve dans Sodome qu’un honnête homme, cet honnête homme a des filles, à peine sorti de la ville condamnée, il s’arrête dans la première caverne venue.

 
Il but,
Il devint tendre,
Et puis il fut
Son gendre.
 

Au seizième siècle, un connétable de France renouvelle quatre fois de suite avec ses quatre filles l’aventure de Loth. Jean II d’Angleterre, trouvant le duc de Glocester inutile, lui procure une apoplexie au moyen d’un matelas appliqué sur la bouche. Charles II d’Espagne, roi tellement chaste qu’il est impuissant, brûle avec une tasse de chocolat bouillant la gorge d’une jeune fille trop décolletée. Le chapeau de cardinal d’Alberoni sort de la chaise percée du duc de Vendôme. Molière fait un lit auguste où Bossuet couche Madame de Montespan. Un roi de France de quinze ans à qui les vieillards de la grand’chambre de Paris remettent à genoux une supplique, montre du doigt la supplique à un Maurepas quelconque, et dit : Déchirez. À tout moment, le rouge monte au visage et les qualificatifs manquent devant ces vieux parlementaires de la Tournelle, si féroces au-dessous d’eux, si serviles au-dessus. Plats ventres de tigres. Chaque statue creuse du quemadero de Séville brûle soixante personnes à la fois, et il y a quatre statues, Saint-Luc, Saint-Marc, Saint-Jean, Saint-Matthieu, ce brûlement étant une fonction d’évangeliste. La mère d’un roi de France, Louise de Savoie, fait voler au trésorier Semblançay les quittances de l’argent que Semblançay lui a payé, puis nie l’argent reçu, et Semblançay est pendu. Un des juges de Semblançay, Gentil, était le voleur des quittances. Voici, au dix-septième siècle, comment s’équipe le roi des Espagnes et des Indes, majesté catholique, quand il lui prend fantaisie d’aller la nuit chez sa femme : il se lève, chausse ses pantoufles, agrafe par-dessus sa chemise son manteau court d’Alcantara, avec plaque, prend son boucher, dit broquel, à son bras gauche, saisit de la main gauche une lanterne, passe à son bras droit une chaîne d’or à laquelle pend un pot de chambre, empoigne de la main droite son épée nue, et se met en marche. Monsieur, frère de Louis XIV, se contente des attouchements d’un chapelet. Quand Louis XIV marche en cérémonie, c’est toujours en dansant, avec quatre violons en tête marquant la cadence, et toute la cour derrière répétant la danse du roi. La Montchevreuil dit en parlant du même Louis XIV : comme le roi est ignorant, on est forcé de tourner les savants en ridicule. Christine de Suède, étant laide, mais blanche, reçoit les ambassadeurs toute nue sur un lit de velours noir. La même Christine fait poignarder sous ses yeux Monaldeschi à Fontainebleau, ses bonnes raisons sont publiquement déduites, elle peut tuer un homme où et quand bon lui semble, étant reine partout, et ce droit des rois à l’assassinat, c’est Leibnitz qui l’établit. Un Frédéric de Prusse, grand plus tard, commence par être jeune et a une maîtresse ; le père-roi, indigné, prend la jeune fille et la passe au bourreau, le bourreau la promène dans les rues de Berlin ; à chaque carrefour, le bourreau s’arrête, met la tête de la jeune fille entre ses jambes, lui relève la jupe, et la fouette du plat de la main ; puis il la traîne ailleurs et recommence. Cela dure tout un jour. Catherine de Médicis fait servir à table Charles IX par ses filles d’honneur en jaquettes laissant voir le genou, puis de son fils énervé par l’orgie elle fait le meurtrier du peuple. Charles II, roi d’Angleterre, reçoit une pension du roi de France, et Louis XV, roi de France, reçoit un subside du roi d’Angleterre. Au bal de l’Opéra, le prince de Conti, bossu, s’amuse à écraser à coups de chiquenaudes le nez d’une petite fille de quatorze ans, sous les yeux de la mère, personne n’osant rien dire, vu que c’est un prince. On a jeté au vent la cendre de Savonarole, et il y a devant le maître-autel de l’Escurial une balustrade de marbre autour de la dalle où est mort Philippe II. Le meilleur des empereurs de Russie, Alexandre Ier, fait semblant de ne pas voir qu’on a tué son père. Et ces extraits que chacun peut faire de sa propre mémoire n’ont aucune raison de finir, et continueraient autant qu’on voudrait. Et en regard de ce passé mettez le présent. Quelle angoisse de voir toutes ces angoisses ! Le contemplateur est le patient du supplice de tous. L’esclavage fait battre deux républiques. En Suède, bannissement et confiscation pour qui se fait catholique ; en Espagne, les galères pour qui lit la Bible. Des femmes sur des trônes laissent, c’est-à-dire font, accrocher des femmes à des gibets. La marque de respect aux princes, c’est de marcher à reculons. Il existe des endroits sur la terre où la justice est rendue au nom d’un crime qui a réussi à devenir roi. Tel est le Mexique sous Santa-Anna. Tels sont encore d’autres pays. Il y a un tel possible dans la cruauté de l’homme qu’on trouve toujours là de l’inattendu. Une femme esclave russe, portant une théière pleine, est heurtée au passage par l’enfant de sa maîtresse, la comtesse..., la théière tombe, l’enfant est échaudé par le thé bouillant ; la comtesse fait venir le plus jeune des fils de l’esclave et verse la même quantité d’eau bouillante sur ce petit enfant. Dans les récents massacres du Liban, la cuisse d’une femme a servi de billot pour couper la tête de son enfant. Comme il faut de l’humanité, on a guéri à l’hôpital l’entaille de la hache. Les plus grands peuples sont rongés par ce chancre, la misère. Partout la détresse fille du parasitisme. Rien n’égale la nudité italienne si ce n’est le haillon anglais. Sous son noir ciel d’hiver, l’indigence mouillée de l’Irlande fait horreur. En Angleterre, la navrante chanson de l’aiguille. En France, les greniers de Rouen et les caves de Lille, Roubaix, Lyon, Leeds, Manchester, Birmingham, Newcastle-on-Tyne où le houilleur mange du charbon pour tromper la faim, toutes ces turbines de richesses sont des foyers de misère. Pas d’air, pas de jour, pas de pain ; la demeure humaine, chenil. Et cela en pleine civilisation. Dans de certaines villes manufacturières, la promiscuité du pauvre est telle que l’inceste devient inconscient, et que des filles enceintes traduites pour délits devant les tribunaux ne savent pas si c’est de leurs frères ou de leur père qu’elles sont grosses. Échafauds, guerres, catastrophes. Et au front des nations l’ignorance, l’œil crevé. Et à cela qui est l’ensemble des faits, ajoutez le détail des mœurs : le chacun pour soi, les félicités peu soucieuses des souffrances ; la plus sainte des choses humaines, le mariage, trop souvent affaire d’argent, c’est-à-dire simple prostitution qui prend ses sûretés ; des Te Deum en sens contraire et qui doivent déconcerter Dieu : un juge qui meurt en disant : j’ai rendu de la justice sous quatre gouvernements ; jouir devenu le but ; aimer, vouloir, croire, relégués au second plan ; la substitution de la matière à la pensée, le progrès bafoué, la mise en question des principes, héroïsmes et vertus passés au fil de l’ironie ; les infâmes, profonds, les sublimes, niais ; la dignité morale presque éteinte ; l’homme de jour en jour moins mâle et la femme plus femelle ; la crainte de voir le droit, la vérité, la justice et la liberté reparaître, seule ride au front d’airain de l’égoïsme ; l’imperturbabilité de la corruption ; la conscience qui se fait fille publique, des Messalines hommes, les dégradés souriant, les déshonorés hautains, les vendus s’affichant eux-mêmes et disant leurs prix pour faire envie, un orgueil nouveau trouvé à point pour ces situations-là, l’orgueil de la honte, ceux sur lesquels est le mépris se croyant le droit de dédain, on ne sait .quelle lugubre décroissance de lumière qui ressemble à l’agonie de l’âme humaine, en bas des larmes profondes, dans la civilisation l’odeur sinistre que répand la putréfaction du cœur, l’accablement de vivre et de penser. Ô joie des oiseaux de mer que je vois là-bas dans la nuée !

 

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