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Mahmoud AHMADINEJAD

 
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Mahmoud Saborjhian, devenu Ahmadinejad (1956- ),
est un homme politique iranien, élu président de la République Islamique d'Iran le 3 août 2005, réélu le 12 juin 2009 (au premier tour avec 62% des voix, un score contesté par ses adversaires, leurs partisans et de nombreux observateurs internationaux, persuadés de fraudes électorales massives en faveur du président sortant).
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Né le 28 octobre 1956 à Aradan (Garmsar, à 90 km de Téhéran), il a été maire de Téhéran de 2003 à 2005, avant d'accéder à la présidence de l'Iran. Conservateur fondamentaliste hostile à l'Occident, soucieux de doter son pays et l'
islam de l'arme nucléaire, il incarne aux yeux de beaucoup la plus véhémente expression de l'extrémisme chiite.
 

ORIGINES :.

Issu d'une famille modeste, il est le quatrième enfant d'une fratrie de sept. Son père était forgeron lorsque la famille a déménagé à Téhéran, après avoir exercé les métiers d'épicier et de coiffeur. Le déménagement de la famille à Téhéran coïncide avec le changement de leur nom de famille. Leur nom de famille était à l'origine Saborjhian selon Hussein D. Hassan. Le déménagement de la famille, désormais connue sous le nom d'Ahmadinejad, coïncide avec une période d'exode rural important en Iran.

La famille Ahmadinejad s'installe dans un des quartiers pauvres de Téhéran, emportant avec elle l'islam traditionnel des campagnes iraniennes, et le conservatisme qui l'accompagne. Au sein des organisations religieuses de quartier, Mahmoud met un zèle tout particulier à l'apprentissage du Coran et à l'accomplissement des devoirs religieux, cultivant par ailleurs une haine féroce envers le dernier Shah, Mohammad Reza Pahlavi, en qui il ne voit qu'un fantoche aux ordres des Occidentaux.

A cette époque, le « mahdisme » connaît un renouveau dans les milieux populaires sous l'impulsion des « Hojjatieh ». Ces derniers considèrent que les croyants doivent hâter le retour du Madhi [messie] en précipitant le monde dans l'apocalypse. Mahmoud Ahmadinejad adhère aux préceptes de cette secte et l'on en retrouve d'éminents membres dans son entourage après son accession à la Présidence.

Ahmadinejad raconte que c'est à sept ans, en 1963, qu'il tombe sous le charme de l'ayatollah Khomeyni, dignitaire religieux de la ville sainte de Qom qui initiera la révolution islamique, renversera la dynastie des Pahlavi et imposera la République Islamique en 1979.

Il suit sa scolarité primaire et secondaire à Téhéran, et est admis à l'université de Science et de Technologie en 1976. Il y est révulsé par le spectacle de jeunes femmes habillées à l'occidentale qui symbolisent pour lui la débauche, la promiscuité et la perversité.
Il milite en faveur d'une conception stricte de la "foi islamique", la seule qui à ses yeux puisse créer un élan révolutionnaire, contrairement à la lutte des classes prônée par les Moudjahiddines du Peuple.
 

MILITANTISME :.

En 1978, «Ahmadinejad participe à la fondation d'une association islamique des étudiants de son université. Peu après, celle-ci se coalise avec d'autres associations qui fondent l'Organisation des associations islamiques (OSU). Ahmadinejad en intègre le comité directeur composé de cinq personnes. Les partisans de Khomeini, dont Ahmadinejad faisait partie, imposaient la terreur et l'ordre islamique par la violence, notamment en faisant la chasse aux femmes qui ne portaient pas de tchador et en leur interdisant l'accès aux cours. Ahmadinejad représente alors le pouvoir clérical dans l'université, avec Mojtaba Hachemi-Samareh, lequel accompagnera Ahmadinejad durant toute sa carrière, en tant que conseiller ou chargé de missions spéciales.

Au début de l'année 1979, les partisans de Khomeini traquent les opposants, dans les universités et les usines, par le biais d'une organisation politico-militaire : le corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI), aussi connu sous le nom de "Pasdarans". Si Ahmadinejad en est membre, il n'y joue cependant pas de rôle significatif.

Après 1979, il s'engage résolument dans l'aile la plus conservatrice de l'élan révolutionnaire islamique, s'employant notamment à assurer la liaison entre les universités et les séminaires théologiques. C'est dans ce cadre qu'il prend une part active à la planification de la prise d'otages à l'ambassade américaine de Téhéran. Malgré son enthousiasme, il se voit cependant écarté de l'exécution de l'action car sa volonté d'obtenir une fatwa de Khomeini se heurte au refus des organisateurs qui ne souhaitent pas compromettre l'ayatollah.

En 1986, officier des forces spéciales des Gardiens de la Révolution, il aurait eu en charge l'élimination des dissidents en Iran et à l'étranger, la torture et les exécutions sommaires de prisonniers.
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PARCOURS POLITIQUE :.

A la fin des années 1980, Mahmoud Ahmadinejad devient gouverneur des villes de Maku et de Khoy, dans la province de l'Azerbaïdjan occidental, pendant quatre ans. Il est également nommé conseiller du gouverneur général de la province du Kurdistan pendant deux ans. En 1993, alors qu'il est conseiller au ministère de la Culture et de l'Orientation islamique, il est nommé gouverneur général de la province d'Ardabil, qui vient d'être créée. Il sera élu trois années de suite meilleur gouverneur d'Iran. Entre 1993 et 1997, alors qu'il est en poste en tant que gouverneur, il s'investit dans l'organisation du Ansar-e Hezbollah, une milice islamique radicale. En 1997, avec l'arrivée au pouvoir de Mohammad Khatami et des réformateurs, il est relevé de ses fonctions et repart enseigner à l'université de science et de technologie.

En 2003, Ahmadinejad profite du mouvement de mécontentement envers le mouvement de réforme initié par Khatami, et se fait élire maire de Téhéran.

Après son élection à la mairie de Téhéran, Ahmadinejad se sert de sa position pour développer un réseau fort de fondamentalistes dont l'objectif est d'opérer un retour en arrière sur les réformes libérales du président Khatami. Il se positionne à ce moment-là comme le leader d'un seconde révolution islamique, qui vise à éradiquer la corruption et les influences occidentales de la société iranienne. Les mesures qu'il prend mettent l'accent sur les activités religieuses, remettent en vigueur des codes vestimentaires pour les employés masculins de la mairie et instituent la séparation des sexes dans les ascenseurs des immeubles appartenant à la Mairie.

Pendant la campagne électorale pour la mairie puis celle pour la présidence de l'Iran, Ahmadinejad se présente comme un homme simple, vivant une vie frugale dans son appartement des quartiers populaires de Téhéran. Il se positionne comme le représentant des déshérités et de tous ceux qui ont perdu leurs illusions à cause du fossé grandissant entre riches et pauvres, de la perte des valeurs islamiques.

Marié et père de trois enfants (deux fils et une fille), Ahmadinejad se présente à l'élection présidentielle du 17 juin 2005 et arrive, de manière inattendue, en deuxième position du premier tour avec 19,5 % des voix derrière l'ancien président Ali Akbar Hachemi Rafsandjani qui obtient 21 % des voix. Le candidat conservateur Mohammed Qalibaf, que les sondages prévoyaient second, dénonce des fraudes massives. Lors du second tour du 24 juin, Ahmadinejad affronte Rafsandjani et l'emporte largement avec 62,2 % des voix contre 35,3 %.
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PROGRAMME NUCLEAIRE :.

Le programme nucléaire iranien a été lancé par le Shah d'Iran dans les années 1950 avec l'aide des États-Unis, puis de l'Europe. Après la révolution islamique en 1979, le programme a été temporairement arrêté. Il fut rapidement remis en route, mais avec l'assistance de la Russie. Le programme actuel met en œuvre plusieurs sites de recherche, une mine d'uranium, un réacteur nucléaire et plusieurs installations de transformation de l'uranium qui incluent une usine d'enrichissement de l'uranium.

Mahmoud Ahmadinejad a intensifié le programme de recherche sur l'enrichissement d'uranium avec la collaboration de la Russie et refuse tout contrôle étranger ou international du programme nucléaire iranien. Il dénonce l'armement de l'Irak en armes chimiques fournies par les États-Unis et des pays européens et estime que l'Iran est en droit de poursuivre ses recherches afin de se doter de l'arme nucléaire puisque, des "nations proches et ennemies" (l'Inde, le Pakistan et Israël) en disposent.

L'opacité qui entoure le programme fait naître de nombreuses inquiétudes dans le monde entier puisque, dans le même temps, Mahmoud Ahmadinejad multiplie les déclarations incendiaires et propos belliqueux à l'égard d'autres nations telles que Israël ("le régime sioniste sera rayé de la carte").
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POLITIQUE ETRANGERE :.


Relations avec les Etats-Unis d'Amérique.

Les relations diplomatiques entre les États-Unis et l'Iran ont été rompues à la suite de l'affaire de la prise d'otages de 444 jours de l'ambassade des États-Unis, en 1979 et 1980.

Le 1er février 2006, en réponse au président George W. Bush qui, dans son discours sur l'état de l'Union , a qualifié les forces iraniennes au pouvoir de « petite élite cléricale qui isole et opprime son peuple ». Mahmoud Ahmadinejad répond que « dans un avenir proche, nous allons vous juger devant le tribunal des peuples . [...]. ceux qui ont jusqu'au coude, les mains dans le sang des peuples qui sont impliqués partout où il y a des guerres et l'oppression, qui déclenchent des guerres en Asie et en Afrique, qui tuent des gens par millions. [...] Vous qui soutenez les crimes du régime fantoche sioniste, vous qui soutenez la destruction des maisons des Palestiniens, (...) vous n'êtes pas qualifiés pour parler des droits de l'Homme et des libertés ».

Au cours de la campagne présidentielle américaine de 2008, le futur président Barack Obama annonce sa volonté de rompre avec l'attitude ferme et intransigeante de l'administration Bush à l'égard de l'Iran. Il veut faire sienne une politique visant à renouer le dialogue "sans conditions préalables" avec le président Ahmadinejad. Des déclarations écornées par un ton nettement moins complaisant lors de sa première conférence de presse en tant que président élu, le 7 novembre : "Je pense que la fabrication par l'Iran d'armes nucléaires est inacceptable. Nous devons organiser un effort international pour empêcher que cela puisse se produire. [...] L'Iran soutient des organisations terroristes. Je pense que c'est quelque chose qui doit cesser. [...]". Il n'exclut toutefois pas de jeter les bases d'un dialogue en évoquant un courrier que lui a adressé le chef d'Etat Iranien : "Je vais étudier la lettre du président Ahmadinejad et je vais y répondre de façon appropriée".


Relations avec la Russie
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Ahmadinejad essaie de renforcer les relations avec la Russie, mettant en place un bureau spécialement destiné à ce but en octobre 2005. Il a travaillé avec Vladimir Poutine sur la question nucléaire, et tous deux ont exprimé leur désir de voir plus de coopération mutuelle sur les sujets liés à la mer Caspienne. Cependant, les officiels du renseignement occidentaux ont récemment accusé Ahmadinejad d'aider financièrement et matériellement les rebelles de Tchétchénie.


Relations avec Israël
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En octobre 2005, Ahmadinejad a fait un discours à propos du droit à l'existence d'Israël qui a provoqué de nombreuses réactions. En effet, il a déclaré « qu’il adhérait aux propos de l’Ayatollah Khomeini selon lesquels un jour le régime sioniste serait rayé de la carte ».

Les commentaires d'Ahmadinejad ont été condamnés par la plupart des gouvernements occidentaux, l'Union européenne, la Russie, le Conseil de sécurité des Nations unies et le Secrétaire général Kofi Annan.

Après la publication des Caricatures de Mahomet du journal danois Jyllands-Posten en décembre 2005, il dénonce le « mythe du massacre des Juifs » et propose de créer un état juif en Europe, aux États-Unis, au Canada ou encore en Alaska, lors d'un discours retransmis en direct par la télévision d'État iranienne. Il nie alors l'existence de l'ampleur de la Shoah, qualifie Israël de « tumeur », et demande à l'Allemagne et à l'Autriche de céder une partie de leur territoire pour établir l'État d'Israël, impliquant un transfert massif de la population juive israélienne sur un autre territoire que l'actuel État juif.

Ahmadinejad a aussi condamné le Conflit israélo-libanais de 2006 en disant que « le régime sioniste se comporte comme Hitler ». Il soutient les Palestiniens dans leur lutte contre l'État d'Israël.

Le 6 janvier 2006, suite à l'hospitalisation du premier ministre israélien Ariel Sharon, Ahmadinejad se réjouit de l'imminence de la mort de Sharon, qualifié de criminel.

Le 20 octobre 2006, il s'adresse aux pays européens qui soutiennent Israël et estime que "ceux qui se tiennent aux côtés du régime sioniste s'exposent à la colère du monde".

 

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Source de référence :

Wikipédia, encyclopédie libre de référence

 

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