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JÉSUS-CHRIST

 
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Tableau original : "Sermon sur la montagne" de Carl Bloch, Copenhague, 22 février 1890Jésus de Nazareth (Jésus-Christ, pour les chrétiens)
est un Juif de Galilée (Palestine), né vraisemblablement entre -7 et -5, qui apparaît dans le cercle de Jean le Baptiste avant de s'engager, entouré de quelques disciples, dans une courte carrière de prédication itinérante d'un à deux ans et demi, essentiellement en Galilée, en pratiquant guérisons et exorcismes. Il suscite engouement et ferveur, s'attirant la méfiance des autorités politiques et religieuses, avant d'être arrêté, condamné et crucifié vers l'an 30 à Jérusalem pendant la fête juive de la Pâque, sous l'administration du gouverneur romain Ponce Pilate.

L'annonce de sa résurrection par ses disciples, qui le reconnaissent comme le messie (en grec Χριστός, Christ) et transmettront son histoire et ses enseignements, donnera naissance au christianisme. Pour les chrétiens, Jésus-Christ est le fils de Dieu, le Messie envoyé aux hommes pour les sauver. Pour l’islam, Jésus est appelé Îsâ et est un prophète majeur.

L'impact de son message transmis par les différentes Églises chrétiennes et les interprétations auxquelles il a donné lieu ont influencé différentes cultures et civilisations au cours de l'histoire. Il a inspiré une importante production théologique, littéraire et artistique. Sa naissance est prise comme origine conventionnelle des calendriers julien — depuis le VIe siècle — et grégorien, et le dimanche, qui est le jour de repos hebdomadaire en célébration de sa résurrection, l'est devenu au-delà de la chrétienté. Cette importance contraste avec la brièveté de sa prédication et le peu de traces historiques conservées à son sujet.
 

BIOGRAPHIE :.


Origines

S'il est communément admis que Jésus est un juif Galiléen dont la famille est originaire de Nazareth, le lieu de sa naissance n'est pas connu avec certitude et les historiens hésitent entre la ville de Bethléem en Judée, ville du roi David de la lignée duquel le Messie attendu par les juifs doit descendre, et le berceau familial de Nazareth où il passera toute sa jeunesse.

L'année de sa naissance n'est pas non plus connue précisément. Les dates retenues peuvent osciller entre -9 et -2. Les évangiles selon Matthieu et selon Luc la situent sous le règne d'Hérode Ier le Grand dont le long règne s'achève en 4 avant notre ère. L'estimation généralement retenue par les historiens actuels va de 7 à 5 avant notre ère.

Il est évidemment paradoxal que Jésus de Nazareth puisse être né « avant Jésus Christ » : l'origine de l'ère commune est en effet censée être la naissance du Christ. Mais ce début de l'ère chrétienne, qui ne s'est imposé progressivement en Europe qu'à partir du Ier millénaire, a été fixé d'après les travaux du moine Denys le Petit réalisés au VIe siècle, que l'on sait à présent être erronés, et si le calendrier historique a été précisé depuis, son origine conventionnelle n'a pas été modifiée.

La naissance de Jésus (la Nativité) est traditionnellement fêtée le 25 décembre, à Noël, mais cette date est entièrement conventionnelle, et n'a rien d'un « anniversaire ». Elle a été choisie en 354 pour coïncider avec la fête romaine du Sol Invictus, célébrée à cette date ; le choix de cette fête permettant de joindre la symbolique du soleil renaissant avec celle du Christ ressuscité. Avant cette date, la Nativité était fêtée le 6 janvier et l'est encore par l’église arménienne apostolique, alors que l’église catholique romaine y fête aujourd’hui l’Épiphanie ou Théophanie (baptême du Christ dans le Jourdain, évènement que les plus anciennes églises pré-romaines utilisaient comme acte de « naissance » du Christ sauveur). En réalité, si l'on en croit l'évangile selon Luc, « il y avait des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux », ce qui rend invraisemblable l'idée d'une naissance historique située pendant les hivers rigoureux de cette région.


Famille

Jésus est connu comme « le fils de Joseph le charpentier » et « le fils de Marie ». Les évangiles selon Matthieu et selon Luc professent une conception par la vertu du Saint-Esprit qui ouvrira plus tard sur des débats théologiques très disputés au sein des communautés chrétiennes concernant la virginité de Marie.

Jésus est le premier-né de cette famille appartenant à un milieu artisanal relativement aisé, liée à un clan de nazaréens qui attendent l'apparition d'un fils de David en son sein. Les évangiles mentionnent l'existence de « frères et sœurs » qui « apparaissent pour montrer que Jésus n'a rien d'extraordinaire puisque sa famille est bien connue ». Parmi les « frères du seigneur », Jacques le Juste prendra une place prééminente dans la communauté de Jérusalem après la disparition de Jésus.

La question des liens de parenté de Jésus avec ces « frères » et « sœurs » a été disputée, et reste discutée. La lecture traditionnelle catholique a été que ces « frères et sœurs » sont en fait des cousins, l'idée d'une fratrie de Jésus allant à l'encontre de l'idée de la virginité perpétuelle de Marie. La plupart des spécialistes laïques, protestants et juifs, avec quelques chercheurs catholiques considèrent que Jacques peut être un fils de Marie et de Joseph, tandis que nombre d'exégètes catholiques y voient un « cousin », suivant la lecture traditionnelle. Si on en s'en réfère aux évangiles, Jésus a lui-même tenu à relativiser le rôle de cette famille naturelle qui ne joue un rôle positif qu'après la résurrection.


Enfance

L'évangile selon Luc raconte comment, huit jours après sa naissance, il a été nommé Jésus et circoncis conformément à la loi juive lors d'un épisode connu sous le nom de la présentation au temple. L'évangile selon Matthieu expose un épisode connu comme le Massacre des Innocents au cours duquel Hérode, prenant peur pour son pouvoir, décide de faire tuer tous les premiers-nés de son peuple. Les parents de Jésus fuient alors avec leur enfant dans une séquence appelée la Fuite en Égypte qui inspirera une importante production apocryphe et influencera la tradition copte (communauté chrétienne d'Egypte). L'évangile selon Luc rapporte encore un incident au cours duquel, quand il a douze ans, à l'époque de sa Bar Mitzvah, ses parents cherchent Jésus qu'ils retrouvent en conversation avec les docteurs du Temple de Jérusalem.

L'hypothèse d'une enfance dans une communauté religieuse, peut-être proche des Esséniens, a souvent été évoquée mais est amplement discutée.


Vie publique

Il est traditionnellement dit que la vie publique de Jésus s'est déroulée entre l'âge de 30 et 33 ans. Cet âge de trente ans est probablement conventionnel, il correspond à la majorité légale de l'époque pour les juifs. Dire que « Jésus avait environs trente ans quand il commença sa vie publique » signifie simplement qu'il était reconnu comme majeur, mais n'interdit pas qu'il ait pu commencer son enseignement à un âge en réalité plus avancé. De même, la durée de cette vie publique n'est pas connue avec certitude, la durée de trois ans généralement retenue n'étant qu'une estimation, fondée sur le nombre de fois où sont citées les principales fêtes juives qu'il observe pendant cette période. En tout cas, sa vie publique se déroule avant qu'il n'ait atteint l'autre âge canonique de quarante ans, puisqu'il n'entre pas dans cette catégorie des « anciens ».

Les lieux cités dans les évangiles situent son action de part et d'autre de la mer de Galilée, principalement en Galilée (dont il est ressortissant) et dans la Décapole, avec quelques passages en Phénicie (Tyr et Sidon) et en Trachonite (Césarée de Philippe). Il semble qu'il soit à cette époque considéré comme un habitant de Capharnaüm. Il se rend également en Judée, généralement pour aller à Jérusalem à l'occasion de fêtes juives; mais on peut noter un séjour plus prolongé en Judée au début de sa vie publique, alors qu'il était considéré comme un disciple de Jean le Baptiste.

Les pays à population juive de l'époque étaient la Galilée et la Judée, séparées par la Samarie dont les habitants étaient considérés comme non-juifs. Jésus est perçu comme un étranger en Judée : l'accent des galiléens les fait reconnaître, et il y suscite une franche hostilité de la part des judéens (parfois désignés par le terme juifs alors que les galiléens sont également des pratiquants de la loi de Moïse).

La chronologie de cette période de vie publique est extrêmement confuse : les évangiles synoptiques présentent les épisodes parallèles dans des ordres différents, ce qui interdit évidemment d'interpréter le déroulement de l'un ou l'autre des récits comme celui d'une logique temporelle. On considère néanmoins que c'est le baptême de Jésus par Jean le Baptiste qui marque l'ouverture de son activité publique.


Jean le Baptiste

Vers 30 ans Jésus rejoint Jean le Baptiste, un prédicateur populaire des milieux baptistes qui dénonce la pratique formaliste des milieux sacerdotaux dont il est issu, qui prêche en se déplaçant dans le désert de Judée, sur les bords du Jourdain et que le Nouveau Testament identifie à un nouvel Élie. Jésus reçoit le baptême que Jean administre alors pour le pardon des péchés à ceux qui reçoivent son message favorablement, en un baptême dans l'eau vive qui prépare au règne messianique et à l'imminence du Jugement divin. Il est possible que Jésus ait été transitoirement le disciple du Baptiste quand on le verra plus tard, aux tout débuts de sa vie publique, simplement « annoncer le Royaume de Dieu » comme le faisait Jean. Mais il apparaît des divergences entre Jésus et Jean-Baptiste quant à leurs conceptions respectives du règne de Dieu, même si c'est bien aux côtés de Jean que Jésus mûrît sa mission. Par ailleurs, la communauté chrétienne, qui envisage le Baptiste comme un précurseur, conservera le rite initiatique du baptême dans sa forme, mais non point son sens.

Jésus s'entoure de disciples dont la tradition veut qu'ils aient été douze, dont les premiers sont peut-être recrutés dans les milieux baptistes. On utilise également le nom d'apôtres pour les désigner. Ce groupe de douze disciples choisis par Jésus est sans doute une création relativement tardive, comme le montre l'existence d'apôtres extérieurs à ce noyau. On parle généralement à leur sujet de Groupe des Douze : le chiffre 12 est en effet essentiel pour comprendre le rôle de ces disciples constituant autour de Jésus un cercle restreint à la forte signification symbolique. Si leurs noms varient de livre en livre, ils montrent pourtant une triple référence hébraïque, araméenne et grecque, au cœur de la vie des Galiléens. L'un de ces disciples, Simon-Pierre ou Kepha, reçoit une importance plus particulière au sein du groupe tandis que Judas, auquel est attribuée la trahison de Jésus auprès des autorités, a une responsabilité attestée de trésorier de ce groupe.


Son enseignement

Le message de Jésus semble prolonger celui de Jean-Baptiste en s'inscrivant dans la fièvre apocalyptique du monde juif au Ier siècle tandis que certains exégètes préfèrent voir Jésus comme un maître de sagesse populaire, la dimension apocalyptique relevant d'une lecture postérieure, sous l'éclairage de la foi chrétienne. Ce message, original et varié, entre néanmoins difficilement dans les catégories socioreligieuses préalablement établies. On peut cependant souligner plusieurs points de rupture avec Jean le Baptiste : Jésus n'est pas un ascète, il présente un Dieu de grâce, de jugement et de l'amour sans limite qui inverse l'exhortation de Jean à la conversion sur fond de colère divine. Enfin, Jésus est celui par qui le jour vient quand Jean annonçait l'aube.

Jésus se fait connaître localement, dans un premier temps comme guérisseur thaumaturge, puis par son enseignement. Pour ce qui est de ses talents de guérisseurs, on peut noter une nette progression quand on compare la guérison très hésitante de l'aveugle de Bethsaïde, où il doit s'y reprendre à deux fois, et celle - à distance et d'une seule parole - de Bar Timée à Jéricho. Les évangiles insistent souvent plus sur la confiance des bénéficiaires de miracles qu'ils ne s'attardent sur le détail des manipulations. Jésus présente les miracles comme une anticipation de l'accès au bonheur éternel auquel a droit chaque humain, y compris les plus pauvres.

Les textes révèlent à cet égard un comportement général de Jésus fait de bienveillance, tourné vers les gens, particulièrement ceux plongés dans une situation personnelle ou sociale méprisée et difficile : les femmes, particulièrement les veuves, les malades, les lépreux, les étrangers, les pécheurs publics ou les collecteurs de l'impôt romains. Cette façon d'être, associée à une dénonciation de l'hypocrisie et de toute forme de mensonge, lui attirera inévitablement nombre d'admirateurs en provoquant simultanément de l'hostilité.


C'est l'annonce du « Royaume de Dieu » qui constitue le cœur de sa prédication en des termes qui, s'ils reprennent l’attente des Juifs qui espèrent la venue d’un Messie qui restaurera l’indépendance d’Israël, déplacent cet espoir : le Royaume de Dieu selon Jésus inaugure le nouveau rapport avec Dieu qui se prépare à intervenir dans le monde pour le gouverner directement.

Sa doctrine paraît d'emblée sûre et originale. Son enseignement est essentiellement connu à travers les Évangiles, qui en font le récit, et les commentaires qui en seront faits dans le reste du nouveau testament. Son enseignement et son action montrent une très bonne connaissance des textes religieux et de la loi juive. Il utilise deux méthodes typiques des docteurs de la Loi, ses contemporains : le commentaire des textes canoniques et l'usage de meshalim ou de Paraboles, dont il fait le ressort privilégié de sa pédagogie. Par cet usage de la parabole, Jésus laisse souvent l'auditeur libre de ses réactions, en ne le prenant pas de front.

Mais il n'en pratique pas moins un enseignement d'autorité qui tranche avec les enseignements des scribes, se réclamant eux toujours de l'autorité d'une source. Jésus est néanmoins respectueux de la Loi de Moïse et, si la proximité de Jésus avec les pêcheurs ou des épisodes comme son affirmation que les besoins de l'homme préemptent sur la prescription du sabbat ont pu choquer les pieux de son temps, on ne peut pas dire que Jésus ait violé les lois de pureté chère aux pharisiens, au contraire de ses disciples qu'il ne condamne pourtant pas.

Son action suscite des réactions fortes et contrastées. On trouve à la fois des témoignages sur de grandes foules qui le suivent et le cherchent, montrant un indéniable succès populaire, et d'autres le montrant vivant dans une quasi clandestinité au milieu de populations hostiles.


Arrestation

Jésus est arrêté alors qu'il séjournait à Jérusalem pour célébrer la fête de la Pessa'h (Pâque juive). Ce dernier séjour à Jérusalem se déroule dans une ambiance très clandestine, où les disciples échangent des mots de passe et des signes de reconnaissance pour préparer le repas dans un endroit caché. Le contraste avec l'ambiance enthousiaste de l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem (célébrée le dimanche des Rameaux) est flagrant, ce qui suggère que ces deux montées à Jérusalem n'ont pas eu lieu la même année. L'étude des évangiles ne permet pas une lecture très claire des causes et de l'historique de ce retournement d'opinion. On trouve la trace dans les évangiles de l'attente messianique d'une partie de la population, qui attendait un messie politique, libérateur du joug des romains. Cette attente se retrouve dans le qualificatif donné à Simon le zélote et à Judas l'Iscariote. Jésus a pu décevoir cette attente en refusant explicitement l'action sur le terrain politique. Néanmoins, si Jésus ne conteste pas radicalement le pouvoir romain, refusant de s'enfermer dans un cadre nationaliste, il ne manifeste pas davantage d'inclination envers les grandes familles sacerdotales proches de celui-ci.

Le retournement d'opinion s'est d'abord manifesté en Judée, puis dans son pays en Galilée. Il semble que le signal de la répression soit venu des milieux sacerdotaux conservateurs de Jérusalem, souvent assimilés aux sadducéens, inquiets de l'impact de son enseignement ouvert sur la Torah et des effets de l'enthousiasme populaire qu'il suscitait sur le fragile modus vivendi avec l'occupant romain. Il apparaît également vraisemblable que c'est le scandale que cet homme, réputé doux, provoque au Temple de Jérusalem un peu avant la Pâque de 30 dans l'épisode dit des marchands du temple, qui a pu précipiter son arrestation.

Jésus prend un dernier repas avec ses disciples pour fêter la Pessa'h dans un épisode, la Cène, dont les chrétiens de toutes tendances considèrent qu'il institue le sacrement de l'Eucharistie. À la suite de cet ultime repas, Jésus est arrêté au jardin de Gethsémani, par la dénonciation de son disciple Judas, sans que le motif soit vraiment clair.

Jésus va alors se trouver confronté aux trois pouvoirs superposés de la Palestine : le pouvoir romain, le pouvoir du tétrarque de Galilée et Pérée et le pouvoir des grands-prêtres du temple-État de Jérusalem.


Procès et exécution

Qu'on rapproche ces récits du droit romain en vigueur en Syrie-Palestine à l'époque ou qu'on le rapproche du droit hébraïque tel qu'il se pratiquait alors, les narrations du procès faites par les évangiles ne correspondent à rien qui soit cohérent avec la tradition juridique retenue. La question du procès de Jésus - question historique ouverte - est d'autant plus difficile à résoudre que le temps et l'antisémitisme chrétien au cours des siècles écoulés l'ont recouverte de multiples enjeux politiques et religieux.

Quoi qu'il en soit en soit, Jésus est arrêté par la police du Temple, aux ordres des autorités religieuses. Il est tout d'abord conduit chez l'ex-grand prêtre Anân, puis devant une cour de justice, que les évangiles appellent Sanhédrin, devant le souverain sacrificateur Caïphe, avant de comparaître devant le gouverneur romain Ponce Pilate qui l'envoie chez Hérode Antipas avant de l'interroger à son tour. Cela donne lieu a des confrontations où Jésus soit se tait, soit paraît souligner le caractère relatif du pouvoir de ses interlocuteurs par sa liberté de parole dans des scènes très chargées symboliquement.

Jésus est finalement condamné par Ponce Pilate à être crucifié après s'être lavé les mains de sa mort en la portant uniquement sur la conscience des juifs. Son exécution a lieu un vendredi, veille du Sabbat, sur une croix surmontée de l'inscription « Jésus le nazaréen, Roi des Juifs ». Pour les trois évangiles synoptiques, ce vendredi est le jour même de la fête de Pessa'h, le 15 Nissan, ce qui peut être (compte tenu du calendrier hébreu usuel) un vendredi 7 avril 30 ou un vendredi 3 avril 33 (cette dernière date est celle justifiant le choix de l'an 1 dans le calcul de Denys le Petit). La chronologie donnée par l'évangile selon Jean est différente, et conduit à un vendredi 14 Nissan, mais il est possible encore une fois qu'il y ait des ruptures dans la chronologie de ce récit, voire que les rédacteurs de l'évangile selon Jean aient utilisé une autre version du calendrier. En tout cas, sa mort a eu lieu pendant que Pilate était préfet de Judée, donc après 26 et avant 36, où Pilate est rappelé à Rome.


Résurrection

La mort de Jésus est suivie d'un épisode qui relève de la foi mais qui n'en appartient pas moins à l'histoire par les effets incalculables qu'il a produits : l'épisode de la Résurrection.

Il faut considérer l'annonce de la résurrection de Jésus comme l'élément majeur de la fondation de ce qui va devenir une nouvelle religion. Cet épisode fondamental n'est décrit dans aucun évangile. La peinture suppléa aux textes pour fixer l'interprétation. Tressé que de quelques scènes qui présentent une forte diversité selon les évangiles, les textes présentent l'après-coup : l'étonnement des femmes qui découvrent le tombeau vide, puis l'apparition du Ressuscité parfois en Galilée, parfois dans les environs de Jérusalem ou encore ici et là, envoyant tantôt en mission, tantôt accordant l'Esprit aux disciples ou encore partageant leur repas.

Néanmoins, on peut constater trois constantes des récits canoniques : la résurrection est inattendue, elle n'est pas décrite en tant que telle et elle n'est accessible qu'aux seuls croyants. L'événement ne nie toutefois pas la mort car Jésus ne ressuscite que le troisième jour après sa crucifixion ; il s'agit davantage du passage à une vie qui ne finit pas, qui se place dans l'éternité et sur laquelle le temps n'a pas de prise. L'événement, dans un récit qui ne connaît pas de terme résurrection, est raconté dans un langage forgé par la foi juive dans l'apocalyptique de laquelle il ne répond pas à une angoisse de la survie des corps : le tombeau ouvert répond à la promesse de Dieu de relever les morts à la fin des temps qui se concrétise déjà pour Jésus.


D'un point de vue chrétien

Cette résurrection est interprétée par les disciples comme le sceau par lequel Dieu manifeste miraculeusement que le sacrifice sanglant de la Passion a été agréé. Pour eux, cette approbation divine inattendue donne rétrospectivement un sens à toute l'histoire de Jésus : elle signifie pour eux que le but de son sacrifice est atteint, que l'homme est donc libéré du poids du péché originel, et par conséquent que le mémorial institué de l'eucharistie est validé et efficace.

L'annonce de l'évangile qui s'ensuit porte avant tout sur cette résurrection; l'histoire et l'enseignement de Jésus étant rapportés dans le but d'attester l'historicité de l'évènement par ceux qui en ont été témoins.

L'annonce de l'évangile ne porte plus simplement sur l'homme historique, mais sur un personnage que les yeux de la foi reconnaissent comme rempli de la présence de Dieu, messie et christ par excellence, voire fils de Dieu, et qui est de ce fait désigné sous le terme de : Jésus-Christ.
 

HERITAGE ET POSTERITE :


Enseignement moral

Sur le plan de la morale, l'enseignement de Jésus est centré sur les notions d'amour et de sollicitude, que l'Homme doit observer pour être à l'image de Dieu. Cet enseignement est exprimé de manière synthétique dans les béatitudes, et plus développée dans le Sermon sur la montagne d'où elles sont tirées. Ces principes sont déjà présents dans la religion juive, mais Jésus les place dans une perspective centrale, et privilégie une interprétation spirituelle de la loi mosaïque au détriment d'une interprétation littérale et formaliste qu'il dénonce.


Histoire des religions

Sur le plan de la religion, Jésus n'a jamais cherché à se séparer du judaïsme, et ses disciples ont dans un premier temps été considérés comme une secte juive parmi d'autres. La séparation du christianisme d'avec le judaïsme est progressive et peut être lue en partie comme une conséquence de la crise d'identité qui traverse le judaïsme Ier et IIe siècles qui se traduit, entre autres, par les révoltes contre Rome auxquelles ne prennent pas part la secte des nazaréen, et qui entraîne la disparition de la plupart des courants du judaïsme suite à la destruction du Temple en 70. La diversité des pratiques juives se réduisant au seul néo-pharisianisme, c'est alors qu'être juif devient vivre en conformité avec l'enseignement des sages pharisiens, conception incompatible avec l'observance de l'enseignement de Jésus.

Selon l'école traditionnelle et même dans l'apologétique récente, cette séparation serait esquissée dès les premières dissensions apparues au cours d'une réunion décrite dans les Actes des Apôtres, qui sera nommée rétrospectivement le premier concile de Jérusalem, réunion qui admet l'adhésion des non-juifs sans les circoncire, et écarte de fait l'application littérale des lois mosaïques au moins pour les prosélytes. L'histoire de la séparation se réunit autour de deux pôles selon que l'historiographie est issue de l'une ou l'autre école : l'école européenne considère qu'elle est chose faite avec la Birkat haMinim qui serait écrite en 135 ; l'école anglo-saxonne remarque que bien des cérémonies sont encore communes dans certaines régions (surtout en Orient, mais parfois en Occident) jusqu'au Ve siècle, c'est à dire quand la période des conciles christologiques est engagée.

Le christianisme connaîtra une croissance importante dans ses multiples branches, jusqu'à en faire la religion la plus importante en nombre de fidèles dans le monde au XXIe siècle.
 

JESUS DANS LES RELIGIONS ET CULTURES NON-CHRETIENNES :

Jésus dans le judaïsme

À la suite des guerres judéo-romaines et les autres catastrophes des Ier et IIe siècles, le judaïsme voit la disparition de presque tous ses courants, à l'exception du judaïsme rabbinique, proche du pharisianisme sans en reprendre l'apocalyptique, fondé sur le respect exclusif de la Loi. Le processus prendra plusieurs décennies, qui fixera les Écritures hébraïques - qui seront reprises des siècles plus tard par les protestants - et les prières synagogales dont une qui contient la condamnation des sectaires, les minims, dont les nazaréens.

Si le christianisme des premiers temps a pu passer pour un nouveau courant acceptable du judaïsme, il s'est rapidement posé le problème de l'adhésion de plein droit de membres païens sans en faire d'abord des Juifs. La question se pose au moment de la création de la Torah rituelle, celle des 613 commandements, et, en ce qui concerne les membres non-juifs, le problème prend plus de poids quant aux aspects de règle de pureté rituelle et les moyens de réconciliation. La messianité , bien qu'elle ait joué un certain rôle lors de la condamnation de Jésus, n'est pas alors déterminante de l'autodétermination juive de cette époque puisque certains courants du judaïsme, tels les sadducéens, allaient jusqu'à renoncer à cette attente.

Le judaïsme, la religion de Jésus lui-même, n'a pas désormais de point de vue spécifique ou particulier sur Jésus et très peu de textes dans le judaïsme se réfèrent directement ou parlent de Jésus. En effet, un des principes les plus importants de la foi juive, est la croyance en un Dieu et seulement un Dieu, sans aucun intermédiaire. La croyance en Jésus en tant que Divinité, partie de Divinité ou fils de Dieu est donc incompatible avec le judaïsme et en rupture avec l'hébraïsme qui le précédait. Pour un Juif, toutefois, n'importe quelle forme de shituf (croyance en d'autres dieux en plus du Dieu d'Israël) équivaut à une idolâtrie dans le plein sens du terme. Il n'est pas possible pour un Juif d'accepter Jésus comme une divinité, un médiateur ou un sauveur (messie), ou même comme un prophète, sans trahir le judaïsme. Les Juifs ont rejeté les revendications dogmatiques concernant Jésus émises par les pères de l'Église, c'est-à-dire qu'il est né d'une vierge, qu'il est le fils de Dieu, qu'il fait partie d'une Trinité divine et qu'il a ressuscité après sa mort.. ... Pendant deux mille ans, un vœu central du christianisme a été d'être un objet de désir de la part des Juifs, dont la conversion aurait montré leur acceptation du fait que Jésus remplit leur propre prophétie biblique.

Pour cette raison, les questions apparentées, telles que l'existence historique de Jésus et les autres sujets concernant sa vie sont de même considérés comme hors de propos dans le judaïsme.

L'eschatologie juive considère que la venue du Messie sera associée avec une série d'évènements spécifiques qui ne se sont pas encore produits, y compris le retour des Juifs en Terre d'Israël, la reconstruction du Temple, une ère de paix.


Jésus dans l'islam

Le Coran parle de Jésus sous le nom d' `Îsâ, personnage indissociable dans les textes coraniques de sa mère Maryam (Marie). Il est ainsi souvent désigné sous le nom de al-Masïh `Îsâ ibn Maryam présenté avec celle-ci comme modèles à suivre.

Jésus fait partie des prophètes dits famille de 'Îmran avec sa mère, son cousin Yahyâ (Jean le Baptiste) et le père de celui-ci, Zacharie. La foi populaire musulmane accorde une grande importance à Jésus et Marie tandis que Jésus, tourné vers la beauté du monde, apparaît par ailleurs souvent avec son cousin Jean le Baptiste comme gémellité spirituelle permanente.

L'insistance marquée sur la filiation à Marie est un clair rejet de la filiation divine de Jésus ; néanmoins, la tradition musulmane souligne le caractère miraculeux de sa naissance virginale sans père connu, Joseph étant considéré comme un cousin de Marie. Selon la tradition musulmane, Jésus est en effet créé par le kun, l'impératif divin, et conçu par un rûh de Dieu, souffle divin intemporel insufflé en Marie, le même souffle qui anime Adam et transmet la révélation à Mahomet.

Dans le Coran, Jésus apparaît comme un prophète, annonciateur de Mahomet, qui prêche le monothéisme pur, accomplit des miracles, opère des guérisons, ressuscite les morts et connaît les secrets du cœur. Jésus confirme la Torah, dont il atténue les prescriptions légales, tandis que son Écriture, contenue dans l'Injil, est présentée comme une guidance et une lumière que les chrétiens auraient négligée. Ibn Arabi lui confère le titre de sceau de la sainteté, "le plus grand témoin par le cœur", tandis que Mahomet est le sceau des prophètes, "le plus grand témoin par la langue". Sa prédication auprès des juifs aurait été un échec et il est suivi des seuls apôtres. Les juifs auraient alors voulu le punir en le crucifiant mais Dieu ne l'a pas permis et lui aurait alors substitué un sosie avant de le rappeler à lui. Néanmoins la fin terrestre de Jésus reste obscure, aucun passage ne signifiant clairement ce qu'il en est advenu.

La représentation de Jésus dans le Coran lui confère également une dimension eschatologique : son retour sur terre, en tant que musulman, est le signe de la fin du monde et du Jugement dernier tandis que beaucoup de hadiths le présentent comme le principal compagnon du Mahdi, Sauveur de la fin des temps.

En définitive, on trouve dans le Coran quatre négations catégoriques concernant Jésus, par crainte d'associationnisme (shirk) : il n'est ni Dieu, ni son fils, ni le troisième d'une triade pas plus qu'il n'a été crucifié car cela aurait été indigne d'un prophète de son importance.

Enfin, une minorité musulmane résidant dans les montagnes du Pakistan, les Ahmadis vouent à Jésus un culte tout comme aux saints de l'Islam autour d'un tombeau qu'elle dit être celui de Jésus. Le lieu de culte est situé à Shrinagar. Ce courant développe une christologie particulière selon laquelle Jésus est un prophète de Dieu qui aurait été déposé de la croix en état de coma et non mort et, une fois soigné, serait venu finir sa vie au Pakistan jusqu'à 80 ans. Cette doctrine est celle de l'évanouissement.


Jésus dans l'hindouisme

Jésus est parfois considéré comme le dixième avatar de Vishnu, dans l'un des innombrables petits courants de l'Hindouisme, à une place qui est habituellement dévolue par la grande majorité des écoles à Krishna.
 

 

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Connexités :
- Christianisme
- Judaïsme
- Islam

Source de référence :

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