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Rouhollah KHOMEINI
(aussi orthographié Khomeiny ou Khomeyni)

 
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Auteur de la photo : Mr.minoque - http://commons.wikimedia.org/wiki/User:Mr.minoque

Courtesy : Mr.minoque


Rouhollah Moussavi Khomeini (1902-1989),
est un dignitaire religieux chiite et un homme politique iranien qui initia la révolution islamique iranienne de 1979 et établit une théocratie qu'il dirigea, en tant que Guide de la Révolution, jusqu'à sa mort en 1989.
 

PARCOURS PERSONNEL et POLITIQUE :.

Il est né dans la ville de Khomein sous le nom Rouhollah Moussavi en 1902 dans une famille très croyante. Son grand-père, son père et son frère aîné sont ayatollah (dignitaires du clergé chiite, considérés comme experts de l'Islam).

Son père est assassiné par les hommes de main d'un grand féodal. En 1927 il est professeur de théologie à Qom puis, dans les années 1950, il est nommé ayatollah. Il s'engage dans l'opposition religieuse au régime autoritaire du Shah Mohammad Reza Pahlavi et aux réformes que celui-ci mène pour la modernisation du pays (la « révolution blanche »), réformes incluant notamment le droit de vote des femmes. En 1962, il devient un des chefs de la communauté chiite, qualifié de « guide religieux suprême ».

Son opposition à la « révolution blanche » le conduit à l'affrontement avec le pouvoir. Il est arrêté en 1963 pour avoir joué un rôle important dans les émeutes du 4 juin. Condamné à mort il est gracié par le Shah d'Iran qui, conscient de son influence, le fait libérer rapidement en 1964. Il est alors forcé à l'exil, d'abord en Turquie, puis à Nadjaf et Kerbala en Irak pendant 14 ans, où son discours se radicalise. Son activisme chiite indispose le pouvoir irakien et en 1978 il part vers la France avec un visa de touriste et s'installe à Neauphle-le-Château sans demander l'asile politique. Selon Alexandre de Marenches (chef du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage français), la France aurait suggéré au chah qu'ils pourraient « organiser un accident mortel pour Khomeini » ; le chah refuse l'offre d'assassinat, arguant du fait que ceci en ferait un martyr. Khomeini est devient un des adversaires les plus influents du chah.

En Irak et à Paris, il radicalise et systématise sa pensée autour d'une conviction profonde : la démocratie n'est pas le système adéquat pour l'Iran. Selon son analyse, les oulémas héritiers du Prophète détiennent l'autorité religieuse et politique, jusqu'au retour de l'imam caché. Ces clercs ont le pouvoir de désigner le plus savant d'entre eux pour concentrer l'autorité. Ce principe deviendra, après la révolution islamique de 1979, la clef de voûte du nouveau régime iranien que Khomeini définit comme le pouvoir absolu du religieux.

Khomeini retourne en Iran le 1er février 1979, à l'appel de la Révolution déjà bien en marche. Il prend le pouvoir le 11 février 1979, d'abord comme « chef de la révolution en Iran», puis en tant que « chef spirituel suprême » au sein d'un gouvernement provisoire. La République islamique est acceptée par référendum, instituant un mandat présidentiel de quatre ans. Le 4 février 1980, Khomeini approuve l'élection d'Abolhassan Bani Sadr au titre de premier président de la République islamique d'Iran. Seuls les candidats approuvés indirectement par le guide suprême d'Iran peuvent être candidats.

Dans la république islamique voulue par Khomeini, la constitution reconnaît le chiisme duodécimain comme religion d'État. De plus, la constitution précise que la loi iranienne doit être en accord avec la Charia. La situation des droits de l'homme devient très préoccupante : les femmes perdent leurs droits acquis durant la période précédente et les libertés individuelles font l'objet d'importantes limitations.

Khomeini devient peu à peu le centre d'un culte de la personnalité, et toute opposition à sa personne, au gouvernement religieux ou à l'Islam se voit sévèrement réprimée (arrestations arbitraires, torture, exécutions sommaires, éliminations massives d'opposants).

Au début de la révolution entre 1979 et 1981, des étudiants membres d'un groupe appelé Partisans de la ligne de l'Imam enlèvent 52 citoyens Américains et les retiennent en otages dans l'ambassade des États-Unis à Téhéran pendant 444 jours. Khomeini indique le 23 février 1980, au parlement iranien, que le destin des otages dépend de l'ambassade américaine, celle-ci devant exiger des États-Unis l'extradition du chah en vue de son procès en Iran. Le président des États-Unis Jimmy Carter lance une opération commando illégale pour sauver les otages, mais la tentative échoue quand les hélicoptères s'écrasent dans le désert.

Le pouvoir conquis en Iran, Khomeini appelle alors de ses vœux la propagation de la révolution islamique aux autres pays musulmans.

En septembre 1980, misant sur la désorganisation du pouvoir et de l'armée iraniens, ambitionnant d'occuper les zones pétrolifères d'Iran et opposé à la diffusion d'un chiisme militant de Khomeini, Saddam Hussein lance l'armée irakienne à la conquête de l'Iran. Une opération militaire qui rencontre une résistance beaucoup plus forte que prévu et qui dégénère en un conflit meurtrier de huit années.

Au début de la guerre le peuple iranien, en pleine ferveur, se rassemble autour de Khomeini. Le régime islamique du Guide de la Révolution, sa popularité et sa puissance personnelle, s'en trouvent considérablement renforcés. Toutefois, la nation économiquement exsangue et militairement affaiblie, Khomeini consent à un cessez le feu en août 1988.

La guerre terminée, Khomeini ordonne l’exécution des prisonniers politiques. En l'espace de trois mois, plus de 30000 prisonniers sont exécutés. Le dauphin de Khomeini, l'Ayatollah Montazeri proteste contre ce massacre, ce qui lui vaut la disgrâce et l'assignation à résidence.

En 1989, Khomeini, condamne à mort l'écrivain Salman Rushdie à travers une fatwa (règle juridique émise par un dignitaire religieux, ce qui lui confère une force divine) qui accuse celui-ci de « blasphème » contre le prophète Mahomet. Les Versets sataniques, le roman de Rushdie, contient des passages qui impliquent que certains versets du Coran n'ont pas été dictés par Dieu mais par Satan, exploitant une ancienne histoire folklorique. Cet évènement a fait reconsidérer par beaucoup d'Occidentaux, en particulier ceux de gauche qui s'étaient généralement positionnés en faveur de la révolution contre le shah, leur appui à Khomeini.

Après onze jours passés à l'hôpital du fait d'une hémorragie interne, Khomeini meurt le 3 juin 1989. Une foule de plus d'un million d'Iraniens se réunit autour du lieu d'enterrement.

 

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Connexités :
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Source de référence :

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