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Mahmoud ABBAS

 
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Né en 1935 à Safed (Galilée), Mahmoud Abbas a étudié à Damas et à Moscou. Il est, avec Yasser Arafat et Farouk Kaddoumi (Abou Loutof), un des pères fondateurs du Fatah.

En 1980, il devient membre du Comité Exécutif de l'OLP et est désigné responsable du département des Relations nationales (c-à-d arabes) en 1984. Rentré en Palestine en juillet 1995, il a été nommé Secrétaire Général de l'OLP. Premier ministre palestinien du 29 avril au 7 septembre 2003, cet homme de dialogue paya sa volonté affichée de négocier avec Israël et de désarmer les groupes terroristes dans les territoires. Il s'attira une réelle inimitié de la part d'Arafat qui l'écarta du pouvoir.

Après le décès du chef historique (11 novembre 2004), Abbas fut reconnu et désigné comme nouveau leader de la cause palestinienne et remporta, haut la main, l'élection présidentielle du 9 janvier 2005. Ses premiers actes politiques eurent tôt fait de tempérer, voire de juguler, les groupes terroristes, de démilitariser les territoires (hormis les forces de l'ordre) et d'ouvrir une nouvelle ère du dialogue avec Israël. Il fait figure d'homme providentiel qu'Israël et la paix réclamaient vainement depuis trop longtemps.

Tout au long des années 70, il joua un rôle de pionnier en encourageant les contacts entre l'OLP et des milieux de gauche israéliens. Son attitude modérée et ses vues pragmatiques lui causèrent de nombreux problèmes avec la tendance dure des mouvements de résistance palestiniens.

Dès le début des années 90, il devint officiellement un des concepteurs de la stratégie de négociation de l'OLP. Conscient des limites du processus de Madrid, il concentre alors ses efforts sur un canal de négociations secrètes que l'OLP avait ouvert avec Israël en 1993 et qui a rapidement mené à la Déclaration de Principes qu'il signa pour l'OLP à Washington le 13 septembre 1993 (processus de paix d'Oslo). On estime qu'il avait alors une large influence sur Yasser Arafat. Par après, dans le processus de mise en oeuvre des accords signés, Abou Mazen (son nom de guerre) a participé à de nombreux groupes de discussions avec les Israéliens. Il a notamment dirigé la première session de discussions sur le statut final des territoires palestiniens le 5 mai 1996.

On considère Mahmoud Abbas politiquement proche d'Ahmed Koreï (Abou Ala) et de Farouk Kaddoumi (Abou Loutof). Depuis le début de la seconde Intifada, Mahmoud Abbas a demandé l'arrêt des attaques contre des cibles israéliennes pour éviter de donner à Israël des prétextes pour sa campagne armée contre l'autonomie palestinienne. Une grande partie de la population palestinienne le considère trop conciliant à l'égard d'Israël.

Mais les intellectuels et politiciens palestiniens commencent à comprendre qu'aucune paix avec Israël ne sera possible tant qu'Arafat tiendra seul les commandes de l'Autorité. Le leader historique et charismatique est soupçonné, par les plus modérés de son entourage, de n'avoir aucune intention réelle de négocier une paix durable. Soumis à d'intenses pressions internes (à l'Autorité Palestinienne et à son propre parti, le Fatah) et internationales, Yasser Arafat finit par ployer sans rompre en acceptant la désignation de Mahmoud Abbas (Abou Mazen), personnalité modérée, au poste de premier ministre, le 29 avril 2003. Au grand dam d'Arafat, Abbas s'emploie immédiatement à renouer le dialogue avec son homologue israélien (Ariel Sharon) et négocie avec les ultras intégristes du Hamas et du Djihad Islamique une cessation des attentats contre Israël. Négociation difficile pour une aléatoire trêve. Mais, enfin, une négociation concrète là où Arafat avait toujours refusé de même l'envisager..
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Arafat, profondément indisposé par les options pacificatrices et l'image positive de Mahmoud Abbas, ne lui laissera pas le temps de trop s'attirer les bonnes grâces d'Israël et de se positionner en successeur évident du vieux chef de guerre politiquement affaibli. Après quelques mois, le 7 septembre 2003, Arafat décharge Abbas de ses fonctions et le remplace par un Ahmed Koreï nettement plus soumis et obéissant. Les espoirs de paix se fragilisent de nouveau..

Décès officiel de Yasser Arafat, le 11 novembre 2004, dans une clinique militaire parisienne.   
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Le 9 janvier 2005, Mahmoud Abbas est élu, au suffrage universel, nouveau Président de l'Autorité Palestinienne. L'homme entreprend rapidement un changement de politique radical, en vue de normaliser les relations avec Israël. Il obtient du Fatah et des Brigades des Martyrs d'al-Aqsa qu'ils cessent leurs actes terroristes contre l'Etat hébreu. Même le Hamas, le Hezbollah et le Djiad acceptent l'idée d'une trêve. Le port d'armes est désormais prohibé dans les territoires palestiniens, sauf pour les autorités militaires et policières. Ces dernières sont d'ailleurs déployées, avec l'accord d'Ariel Sharon, dans la bande de Gaza d'où se retire Tsahal, l'armée israélienne.
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Mahmoud Abbas obtient encore d'Ariel Sharon la décolonisation de la bande de Gaza et la restitution de territoire aux Palestiniens. La paix est en marche..
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Hélas, le sort va décider de s'acharner à contrer l'action positive d'Abou Mazen. Le 4 janvier 2006, Ariel Sharon - son allié incontournable dans le nouveau processus de paix - est victime d'un hémorragie cérébrale massive et plonge dans le coma. Mahmoud Abbas se retrouve bien seul, sans interlocuteur de poids côté israélien.
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Mais le pire reste à venir et ne se fera pas attendre longtemps. Le 25 janvier 2006, les élections législatives palestiniennes sont remportées par les islamistes radicaux du Hamas, bien décidés à poursuivre la destruction de l'Etat d'Israël.
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Le peuple palestinien a désavoué le système mis en place par Yasser Arafat (corruption et enrichissements personnels des caciques) et ce que le Hamas qualifie de mollesse à l'égard d'Israël (les efforts de paix).

 

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Connexités :
- Yasser Arafat
- Le Fatah
- L'OLP
- L'Autorité Palestinienne
- Ariel Sharon
- Le Hamas

Source de référence :

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