Horazyclopédie

Les STATIONS SPATIALES

 
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LES STATIONS SPATIALES ;  LES RUSSES  : .
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La station spatiale soviétique Saliout 1, un complexe orbital de plus de 18 tonnes, est satellisée le 19 avril 1971. Trois jours plus tard, Soïouz 10, avec à son bord trois cosmonautes, vient s’y arrimer ; pour une raison inconnue, l’équipage ne pénètre pas dans Saliout, son vaisseau se désarrimant pour revenir sur Terre. En juin de la même année, Soïouz 11 rejoint Saliout 1 ; Georgi Dobrovolsky, Vladislav Volkov et Victor Pataiev séjournent dans la station pendant 23 jours, établissant ainsi le nouveau record de durée pour un vol habité. Ils effectuent une série d’expériences portant sur l’étude des ressources terrestres et la biologie. Malheureusement, l’équipage ne peut rentrer à bon port : peu avant l’atterrissage, une brusque dépressurisation de la capsule provoque la mort par asphyxie des trois hommes. Saliout 1 se désagrége dans l’atmosphère le 11 octobre 1971 (sur ordre du centre de contrôle), après avoir tourné environ 2.800 fois autour de notre planète. La station suivante, Saliout 2, lancée en avril 1973, se désintègre en mai de la même année.

La suite est plus souriante, avec les lancements de Saliout 3 (juin 1974-janvier 1975), Saliout 4 (décembre 1974-février 1977), Saliout 5 (juin 1976-août 1977), Saliout 6 (septembre 1977-juillet 1982) et Saliout 7 (avril 1982-février 1991). Ces stations sont visitées par plus de 30 équipages au total, qui regroupent 10 nationalités ; le premier français dans l’espace, le spationaute du Centre national d’études spatiales (CNES), Jean-Loup Chrétien, passe 7 jours à bord de Saliout 7 en juin 1982.

Signalons également la performance de la cosmonaute Svetlana Savitskaïa : au cours de sa première mission à bord de Saliout 7, elle devient, en août 1982, la deuxième femme dans l’espace, dix-neuf ans après sa compatriote Valentina Terechkova ; pour sa seconde mission (le vol Soïouz T12, du 17 au 29 juillet 1984), elle devient la première femme ayant accompli une sortie dans l’espace.
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Un autre record est établi en 1984 par le trio Léonide Kizim, Vladimir Soloviev et Oleg Atkov : ils séjournent 237 jours à bord de Saliout 7.
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La station spatiale Mir (« paix », ou « monde ») succède à la série des Saliout. Satellisée par une fusée Proton le 19 février 1986, elle est décrite par les Soviétiques comme le cœur de la première station spatiale destinée à être occupée en permanence. Elle se présente sous la forme d’un corps central cylindrique de 20 t, long de 13 m (diamètre maximum de 4,20 m), équipé de panneaux solaires. Elle peut héberger jusqu’à six cosmonautes et possède six sas d’arrimage (contre deux sur Saliout 6 et 7, et un seul sur les précédents). L’ajout progressif de modules complémentaires (les Kvant, des cylindres de 6 à 12 m de long et de 10 à 20 t) en fait un véritable complexe orbital, parfois appelé « train spatial ».
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Plusieurs cosmonautes y effectuent des séjours de longue durée dans l’espace : 326 jours en 1987 pour Iouri Romanenko et près de 366 jours pour le tandem Vladimir Titov-Musa Manarov l’année suivante (c’est encore, dix ans après le lancement de Mir, le plus long vol en équipage jamais réalisé dans l’espace). Le record le plus impressionnant est aujourd’hui détenu par le russe Valeri Poliakov, médecin et cosmonaute : il a vécu 467 jours consécutifs à bord de Mir, en 1994-1995.
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Le 2 septembre 1996, la spationaute française Claudie André-Deshays (devenue Claudie Haigneré) revient sur Terre, après avoir séjourné une quinzaine de jours dans la station orbitale Mir, dans le cadre de la mission Cassiopée – la cinquième du genre à être entreprise conjointement par les Français et les Russes depuis 1982. Claudie Haigneré, scientifique, médecin et ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles Technologies dans le gouvernement formé en juin 2002, mène dans l’espace de nombreuses expériences en biologie, en médecine et en physique, et fait parvenir 90 % des données prévues relatives à l’étude du système cardio-vasculaire humain en apesanteur. Pendant cette mission, l’Américaine Shanon Lucid passe 188 jours dans l’espace, battant ainsi le record de la durée de séjour dans l’espace par une femme. Le 25 juin 1997, un vaisseau de ravitaillement heurte la station Mir, endommageant l'un des sept modules et un panneau solaire au cours d'une manœuvre d'arrimage. Quatre ans plus tard, le 23 mars 2001, la station Mir est définitivement détruite, laissant place à la nouvelle Station spatiale internationale (ISS).

LES STATIONS SPATIALES ;  LES AMERICAINES  : .
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Le programme américain Skylab (« laboratoire du ciel ») est plus ambitieux que son homologue soviétique Saliout. Laboratoire spatial expérimental conçu à partir d’éléments utilisés dans le cadre du programme Apollo, Skylab est satellisé le 14 mai 1973 par une fusée Saturn 5. Seuls les deux premiers étages servent à la propulsion, Skylab étant en fait, à l’origine, un troisième étage de fusée Saturn 5, dépouillé, puis réaménagé de façon à pouvoir héberger trois astronautes — il s’agit d’une sorte de cylindre de 36 m de long et 6,6 de diamètre, complété par des panneaux solaires et un système de sas d’amarrage pour les vaisseaux Apollo qui vont desservir la station. Son orbite le fait tourner à 450 km d’altitude dans un plan incliné de 56° sur celui de l’équateur. Alors que les stations Saliout pèsent 19 t, la masse de Skylab atteint 89 t ; de même, le volume habitable est d’environ 330 m3, contre 100 m3 pour Saliout. .
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Skylab est entre autres utilisé pour l’astronomie solaire, pour des études médicales de longue durée sur un équipage de trois personnes, pour des observations multispectrales approfondies de la Terre et pour une variété d’expériences scientifiques et techniques (la croissance des cristaux métalliques en état d’apesanteur, par exemple). .
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Au cours même de son lancement, Skylab est sérieusement endommagé : un panneau solaire ne se déploie pas et une partie du bouclier thermique de la station est détérioré. La situation est sauvée par l’équipage composé de Charles Conrad, Joseph Kerwin et Paul Weitz, premiers arrivants à bord de Skylab, le 25 mai 1973. Les trois hommes procèdent aux réparations, travaillant dans l’espace pour débloquer le panneau solaire et disposer un écran protecteur afin de préserver la station contre l’échauffement provoqué par le rayonnement solaire. Ce premier vol dure jusqu’au 22 juin 1973, soit 28 jours. Également transporté par un vaisseau Apollo, le deuxième équipage, constitué d’Alan Bean, Owen Garriott et Jack Lousma, passe 59 jours en orbite, du 28 juillet au 25 septembre 1973. La troisième et dernière mission est confiée à Gerald Carr, Edward Gibson et William Pogue, arrivés le 16 novembre 1973 et repartis le 8 février 1974, après un séjour de 84 jours dans l’espace. Au total, dix sorties sont effectuées, représentant un cumul de 41 heures 56 minutes d’activité dite extra-véhiculaire. .

Le projet Skylab est considéré comme un succès : le bilan s’élève à plus de 740 heures passées à observer le Soleil, près de 180.000 clichés solaires transmis sur Terre, environ 64 km de bandes magnétiques recelant de précieuses données et 46.000 images de la surface terrestre. .
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Après plus de six ans d’existence, le programme s’achève par une rentrée destructrice dans l’atmosphère, alors que Skylab accomplit sa 34.981e révolution autour de la Terre. Le 11 juillet 1979, la station se désintègre au-dessus de l’Australie et de l’océan Indien. La navette spatiale, qui aurait pu venir lui apporter un dispositif de propulsion (pour stabiliser son orbite en rehaussant périodiquement l’altitude), n’a pu être mise au point suffisamment tôt. .
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Il faut attendre encore près de cinq ans pour voir émerger un candidat à la succession de Skylab : en janvier 1984, les États-Unis présentent le projet Freedom. Le concept initial a depuis cédé la place à un projet d’envergure internationale : la Station spatiale internationale (ISS).

LES STATIONS SPATIALES ;  L'I.S.S. - STATION SPATIALE INTERNATIONALE  : .

La construction de la Station spatiale internationale (ISS, pour International Space Station) démarre le 20 novembre 1998 avec le lancement du module de contrôle russe Zarya (fin de la construction prévue en 2006). Construit et assemblé conjointement par les États-Unis (initiateurs du projet), la Russie, le Japon, le Canada, la France et d’autres pays européens regroupés au sein de l’Agence spatiale européenne (ESA), ce gigantesque complexe orbital (de la taille d’un terrain de football) — constitué à terme d’une trentaine d’éléments — doit notamment servir de laboratoire pour les sciences de la vie, de la Terre, de la matière et de l’Univers. L’ISS, qui accueille trois spationautes à partir du 2 novembre 2000, est ravitaillée régulièrement par des vaisseaux-cargo russes Progress (avant de l’être par des vaisseaux de transport automatiques européens ATV) et le renouvellement des équipages est assuré par des vaisseaux Soïouz et des navettes spatiales. .
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Toutefois, l’accident tragique de la navette américaine Columbia, le 1er février 2003, retarde la poursuite des opérations d’assemblage de l’ISS et compromet l’avenir des vols habités dont l’utilité est remise en question.

 

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Connexités :
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Sources de référence :

MSN Encarta, encyclopédie de référence
Wikipédia, encyclopédie libre de référence

 

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