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Le NAZISME

 
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nazisme,
national-socialisme ou nazisme, doctrine prônée par le Parti national-socialiste allemand des travailleurs, ou parti nazi, (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, NSDAP).
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Parvenu au pouvoir sous la houlette de son chef Adolf Hitler, il institua en Allemagne un régime totalitaire et raciste, le Troisième Reich. L'idéologie nazie, prônant la purification de la « race germanique » et la réunion de toutes ses composantes au sein d'un même État, chercha à étendre sa domination sur toute l'Europe centrale. Cette politique militariste fut à l'origine de la Seconde Guerre mondiale, qui ne prit fin qu'avec l'effondrement du nazisme et de l'Allemagne face aux Alliés, en 1945.

ORIGINES DU NAZISME.
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Le national-socialisme, associé au fascisme italien, était un mouvement enraciné dans la tradition militaire prussienne d'autoritarisme et d'expansionnisme, et puisant également ses sources dans la tradition romantique allemande d'hostilité au rationalisme, au libéralisme et à la démocratie. Rompant avec la République de Weimar, son idéologie s'inspirait de certaines doctrines racistes selon lesquelles les peuples germaniques, purs Aryens, étaient non seulement physiquement supérieurs, mais également porteurs d'une morale et d'une culture plus élevées que celles des autres peuples. Opposé au libéralisme de la Révolution française autant qu'aux théories marxistes, le nazisme puisait dans certaines traditions philosophiques une idéalisation de l'État. L'individu n'existait plus en dehors du groupe fondamental qu'était la communauté de sang..

Parmi les théoriciens et les planificateurs du national-socialisme, le général Karl Ernst Haushofer, un géographe, eut une grande influence sur la politique étrangère allemande ; Alfred Rosenberg formula les théories racistes nazies dans le Mythe du XXe siècle (1930) en s'inspirant des œuvres de l'écrivain anglo-allemand Houston Stewart Chamberlain ; le financier Hjalmar Schacht fut le principal artisan de la politique économique et financière du régime. L'idée du « grand Reich » fut empruntée aux pangermanistes de 1848, celle de la supériorité de la race aryenne à Gobineau (Essai sur l'inégalité des races humaines, 1853-1855). De Spengler, les nazis reprirent l'idée d'un socialisme allemand, tandis que Nietzsche inspira le mythe du surhomme..
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Mais c'est surtout Hitler qui définit dans Mein Kampf (« Mon combat »), écrit pendant sa détention (1923-1924), le projet nazi. Nourri d'anti-égalitarisme et d'antiparlementarisme, hostile à la démocratie, il prônait la purification de la race aryenne et l'élimination des Juifs. Grand orateur, il allait élever cette mystique obsessionnelle à la hauteur d'une mission quasi sacrée. Profondément marqué par la défaite de 1918 et par le traité de Versailles, vécus comme des humiliations, il entendait redonner à l'Allemagne toute sa grandeur et récupérer les territoires perdus..
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Hitler imputa aux Juifs la responsabilité du désastre économique et les accusa d'être les propagateurs d'idéologies néfastes comme le marxisme ou le libéralisme. Il inscrivit ainsi l'extermination des Juifs dans le programme politique national-socialiste, tout en affirmant qu'une régénération du sang aryen du Reich devrait comprendre l'exclusion des non-Allemands des fonctions publiques, l'interdiction des mariages mixtes et la stérilisation des malades incurables. Lorsqu'il aurait atteint ces buts, le Reich pourrait être guidé selon le Führerprinzip par le Reichsführer qu'incarnerait Hitler, à qui les Allemands seraient liés par un serment de fidélité (institué par la loi du 26 janvier 1937). La réalisation de ce programme incluait l'annexion des territoires de langue germanique (notamment en Pologne et en Tchécoslovaquie), la création d'une « grande Allemagne » et d'un « espace vital » (Lebensraum), en Europe, zone d'influence économique et politique destinée à l'expansion de la « race » allemande..
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Le contexte politico-économique de l'après-guerre favorisa l'émergence du national-socialisme et l'adhésion des Allemands au programme démagogique défendu par Hitler. Selon les clauses du traité de Versailles, l'Allemagne avait été reconnue seule responsable de la première guerre mondiale. Elle avait été privée de son empire colonial et contrainte de payer de lourdes réparations aux vainqueurs, ce qui avait gravement perturbé son économie. L'inflation galopante, qui culmina en 1923, affecta plus particulièrement la classe moyenne, qu'elle ruina et laissa désemparée. Effrayée par la perspective d'une arrivée au pouvoir des communistes en Allemagne, elle allait fournir les gros contingents des groupes politiques radicaux qui fleurirent au début des années 1920.

NSDAP - LE PARTI NATIONAL-SOCIALISTE.
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Lorsque Hitler en devint membre, en septembre 1919, le Parti ouvrier allemand (DAP, créé par le journaliste Karl Harrer et le serrurier Anton Drexler en janvier 1919) ne comptait que vingt-cinq membres environ, dont six seulement participaient aux débats et aux conférences. Hitler, grâce à ses talents d'orateur, devint chef de la propagande dès janvier 1920. .
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Lors de la première grande réunion du parti à Munich, le 24 février 1920, il exposa un programme inspiré par les deux premiers intellectuels du parti, le journaliste Dietrich Eckart et l'ingénieur Gottfried Feder. Ce programme, résumé plus tard en vingt-cinq points, associait des revendications nationalistes extrémistes et des idées socialistes mal assimilées à des doctrines racistes et antisémites. L'article 25 proclamait : « Pour la société moderne, un colosse aux pieds d'argile, nous créerons un centralisme sans précédent qui donnera tout pouvoir au gouvernement. Nous établirons, au sein de la société, une hiérarchie telle que n'importe quel mouvement de n'importe quel individu sera contrôlé. ».
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Le 8 août 1920, le DAP fut rebaptisé Parti national-socialiste allemand des travailleurs (NSDAP). Hitler en prit la tête le 29 juillet 1921, après avoir écarté Drexler. Le drapeau rouge avec un cercle blanc contenant une croix gammée noire fut adopté comme emblème cette année-là. Le NSDAP prit peu à peu de l'importance, surtout en Bavière. Convaincu de la nécessité, et même de la vertu, de la violence pour arriver à ses fins, il créa (août 1921) les Sturmabteilungen (« sections d'assaut », ou SA), sous couvert d'une association sportive. Ces « chemises brunes » étaient censées assurer la protection de ses réunions politiques, mais s'ingénièrent à perturber celles des adversaires (libéraux, socialistes, communistes et syndicalistes) et à persécuter les Juifs, surtout les commerçants. Elles étaient pour une bonne part composées d'anciens combattants, d'officiers mécontents et de membres des corps francs, placés sous l'autorité d'Ernst Röhm. En 1923, l'organe du parti, le Völkischer Beobachter (« l'Observateur raciste »), fondé en décembre 1920, fut transformé en quotidien.

LA MARCHE VERS LE POUVOIR.
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Hitler, voulant exploiter le mécontentement suscité par l'occupation de la Ruhr par les armées française et belge, organisa avec le général Erich Ludendorff un coup de force à Munich, premier pas vers une prise du pouvoir à Berlin. Le 8 novembre 1923, il se rendit avec 600 membres des SA à la brasserie Feldherrnhalle, où Gustav von Kahr, le chef du gouvernement bavarois, tenait une réunion. Von Kahr et ses collaborateurs furent appréhendés et contraints de proclamer la formation d'un nouveau gouvernement national. À peine relâché, il se retourna contre Hitler et Ludendorff, qui durent s'enfuir après une brève échauffourée avec la police, le 9 novembre. Le putsch de Munich avait échoué, et Hitler fut condamné à cinq ans de prison et son parti interdit. En prison, où il ne resta que neuf mois, Hitler commença à rédiger Mein Kampf, qu'il dicta à Rudolf Hess. Dans cet ouvrage sont clairement exposées les doctrines du national-socialisme, les techniques de propagande et la stratégie pour conquérir l'Allemagne puis l'Europe..
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Quand Hitler fut libéré, le Parti national-socialiste avait disparu ; la situation économique du pays, qui s'était améliorée, était devenue favorable aux partis politiques modérés. Le 27 février 1925, il recréa le NSDAP, qui compta 27.000 membres dès la fin de l'année. Il entreprit de le réorganiser avec l'aide de quelques fidèles et décida de prendre le pouvoir par les voies légales plutôt que par la force. En 1926, il se nomma Führer (« guide ») du parti et s'entoura d'une garde personnelle, les Schutzstaffeln (« unités de protection », ou SS), qui allait devenir une sorte de police militarisée. Les SS étaient chargés de superviser et de surveiller le parti et les SA, sa branche paramilitaire..
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La crise économique mondiale de 1929 interrompit le flux de capitaux étrangers vers l'Allemagne, ce qui entraîna une baisse des exportations et une chute de la production industrielle. Le chômage augmenta considérablement, tandis que les prix agricoles s'effondraient. La dépression fragilisa la République de Weimar, soumise à des attaques de plus en plus vives de la droite et de la gauche, et créa les conditions favorables à une révolution.

L'ENTREE AU REICHSTAG.
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Le mouvement prit rapidement de l'ampleur, rejoint par des milliers de fonctionnaires au chômage, des commerçants et des petits entrepreneurs ruinés, des agriculteurs sans ressource et des ouvriers déçus par les partis socialiste et communiste. Une foule d'adolescents issus de toutes les classes sociales, qui avaient grandi pendant les années d'après-guerre et avaient perdu l'espoir de connaître la stabilité économique, adhérèrent au mouvement. Les progrès furent fulgurants. Le parti nazi, qui avait obtenu 800.000 voix en 1928 (environ 2,5 %), en obtint presque 6,5 millions (plus de 18 %) aux élections de septembre 1930. Avec 107 sièges, il devint le deuxième parti du Reichstag, après les sociaux-démocrates (143 sièges) et devant les communistes, eux aussi en progrès (77 sièges). Le nombre de ses membres passa de 176.000 en 1929, à 806.000 en 1931 et à 4 millions en 1933. Malgré les efforts du chancelier Heinrich Brüning, qui tenta de sauver la République de Weimar par des mesures d'urgence, la hausse du chômage ne fut pas enrayée. L'inefficacité de son gouvernement ébranla la crédibilité de la démocratie parlementaire. Allié à la droite conservatrice, qui pensait pouvoir le contrôler, Hitler obtint un bon score (36,8 %) lors de l'élection présidentielle d'avril 1932, qui vit la victoire d'Hindenburg.
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La fulgurante montée en puissance du parti hitlérien ne put être stoppée par la dissolution des SS, des SA et de la Hitler-Jugend (Jeunesse Hitlérienne), prononcée par le ministre de la Guerre, le général Groener, le 13 avril 1932. Aux élections de juillet 1932, les nazis obtinrent 13,7 millions de voix et devinrent le premier parti du Reichstag avec 230 sièges sur 670. Le président Hindenburg leur proposa de rentrer dans le gouvernement de coalition mais Hitler refusa, exigeant les pleins pouvoirs. Le Reichstag fut dissous et les élections de novembre marquèrent un recul du NSDAP, qui remporta 11,7 millions de voix (196 sièges) mais resta le premier parti à l'assemblée. À gauche, les sociaux-démocrates et les communistes obtinrent ensemble plus de 13 millions de voix et 221 sièges, mais la lutte acharnée qu'ils se livraient interdisait toute perspective d'alliance. Hitler refusa à nouveau de participer à un gouvernement de coalition, et, après l'échec du chancelier Kurt von Schleicher, Hindenburg nomma Hitler chancelier le 30 janvier 1933, sur les conseils de l'ancien chancelier conservateur Franz von Papen.

ETABLISSEMENT DE LA DICTATURE.
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Le 25 février, alors que s'achevait la campagne électorale pour le renouvellement du Parlement, le bâtiment du Reichstag fut détruit par un incendie, très probablement déclenché à l'instigation des nazis. Des milliers de communistes, accusés d'être à l'origine de l'attentat, furent arrêtés.
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Les élections du 5 mars 1933 ne donnèrent qu'une majorité relative aux nazis (43,9 %), mais dès le 23 mars Hitler obtint de l'assemblée les pleins pouvoirs pour quatre ans. La République de Weimar disparut sans jamais avoir été formellement abrogée. Le procès des incendiaires du Reichstag servit de prétexte à l'interdiction du Parti communiste et du Parti social-démocrate, ainsi qu'à l'annulation des droits civils et constitutionnels et à l'ouverture des premiers camps de concentration (Dachau fut construit en mars). La Gestapo fut créée en avril, les syndicats furent dissous le mois suivant. Devenu parti unique en juillet, le Parti national-socialiste obtint 92 % des voix lors des élections d'octobre 1933 et fut déclaré « indissolublement lié à l'État » par une loi du 1er décembre 1933. L'opposition interne et externe au mouvement nazi fut progressivement éliminée. Le 30 juin 1934 (la « Nuit des longs couteaux ») Hitler fit exécuter Röhm, chef des SA, ainsi que plusieurs centaines de membres du mouvement. D'autres opposants furent assassinés à cette occasion, tels le général Kurt von Schleicher et des monarchistes favorables à la restauration de la dynastie des Hohenzollern.
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Les lois de Nuremberg, votées le 15 septembre 1935, concrétisèrent la mise en place du programme antisémite défini dans Mein Kampf, notamment l'interdiction des mariages mixtes entre Allemands juifs et non-juifs. En janvier 1938, les biens des Juifs furent confisqués et une carte d'identité spéciale fut instituée pour eux au mois de juillet suivant ; victimes de pogroms, de déportations, d'expulsions et exclus de la vie économique, ils émigrèrent en masse.
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De 1933 à 1935, le régime démocratique allemand fut remplacé par un État totalement centralisé. Les administrations régionales, héritières des anciens États ayant précédé l'unité allemande (1871), durent renoncer à leur autonomie et furent placées sous le strict contrôle du gouvernement central. Le Reichstag perdit sa fonction législative, ne gardant qu'un rôle cérémoniel.

ORGANISATION DU PARTI NATIONAL-SOCIALISTE.
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Le parti et ses organes dirigeants devinrent l'instrument principal du contrôle totalitaire de l'État et de la société allemande. Fort de 1.300.000 membres en 1932, il en comptait 8 millions en 1939 et 11 millions au début de 1945. Les nazis dévoués obtinrent des postes dans les gouvernements national et provinciaux, ainsi que dans l'administration. Les membres du parti de « pur » sang allemand âgés de dix-huit ans ou plus juraient allégeance au Führer et n'avaient à répondre de leurs actes que devant des tribunaux spéciaux du parti. L'adhésion était en principe volontaire et des millions de personnes s'engagèrent de plein gré, mais beaucoup d'autres furent forcées d'adhérer, en particulier les fonctionnaires lors de la grande promotion du 1er mai 1937.
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L'organisation du parti fut conçue de manière à doubler les échelons de l'administration. Sa hiérarchie comportait, de bas en haut : les chefs de blocs (environ 500.000), les chefs de cellules, qui commandaient quatre à huit blocs, les chefs de groupes (Ortsgruppenleiter), les chefs de cercle (Kreisleiter), qui, outre leurs fonctions au sein du parti, contrôlaient les fonctionnaires de l'État, et enfin les chefs régionaux (Gauleiter), 32 en 1933, qui occupaient souvent des responsabilités importantes au sein de l'État (Reichsstatthalter).
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Autour d'Hitler, l'état-major du parti comprenait près de vingt Reichsleiter disposant chacun d'une fonction définie. Les principaux étaient Rudolf Hess, dauphin d'Hitler jusqu'à sa fuite en Angleterre en 1941, Martin Bormann, qui le remplaça à la tête du parti, Heinrich Himmler, chef de la SS et de tout l'appareil répressif, Joseph Goebbels, responsable de la propagande, Hermann Göring, chef de la Luftwaffe, Alfred Rosenberg, théoricien du racisme, et Joachim von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du Reich.
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La propagande nazie était entretenue de manière omniprésente par différents organes, en particulier les organisations de jeunesse. Elle culminait lors des congrès organisés à Nuremberg, qui donnaient lieu à d'impressionnantes parades et fêtes liturgiques célébrant la nation allemande rassemblée autour du Führer.
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Les principaux auxiliaires du parti nazi étaient les SA, officiellement reconnus comme « les garants de la révolution nationale-socialiste ». Cette organisation formée d'escouades en chemises brunes extorqua d'importantes sommes d'argent aux ouvriers et aux agriculteurs — par le biais d'une collecte destinée aux pauvres — et dirigea l'endoctrinement des jeunes Allemands jusqu'à l'âge de dix-sept ans. Ses méthodes d'intimidation et de terreur contribuèrent largement à l'ascension d'Hitler. Après l'accession de celui-ci au pouvoir, Röhm, le chef des SA, réclama une « seconde révolution », qui aurait affirmé le caractère populiste du régime, et chercha à substituer ses troupes à l'armée traditionnelle (la Reichswehr). Poussé par Himmler, chef des SS et jaloux du pouvoir de Röhm, par Göring, porte-parole des conservateurs, et par les généraux de l'armée, Hitler fit éliminer leurs chefs le 30 juin 1934, au cours de la « Nuit des longs couteaux ».
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Les SS, créées en 1926, restèrent une branche des SA jusqu'en 1934, puis elles devinrent la principale force d'intervention et l'élite du mouvement hitlérien. Elles organisèrent un important pogrom contre les Juifs en 1938 (la « Nuit de cristal »). Pendant la Seconde Guerre mondiale, elles surveillèrent les territoires occupés et les camps de concentration, en collaboration avec la Gestapo. Elles fournirent les responsables de la propagande attachés aux armées allemandes et dirigèrent les forces de défense territoriale du Reich. À partir de 1942, les SS furent étroitement associées à l'extermination des Juifs dans les camps spéciaux. Des divisions d'élite, les Waffen-SS, comprenant parfois des éléments étrangers, furent créées pour soutenir l'armée régulière à des moments critiques.
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La Gestapo, Geheime Staatspolizei (« police secrète d'État »), fut créée en avril 1933 par Göring, puis réorganisée par Heinrich Himmler en 1936. Chargée de l'élimination de toute opposition au régime hitlérien, elle disposait de pouvoirs illimités, recourant à la torture, aux exécutions sommaires ainsi qu'à la déportation. En 1936, lorsqu'elle fut incorporée à l'État, la Gestapo fut déclarée libre de toute restriction légale et responsable seulement devant son chef, Himmler, et devant Hitler. Pendant la guerre, la Gestapo fit régner la terreur dans toute l'Europe et, à partir de 1944, elle prit le contrôle des services de contre-espionnage, l'Abwehr.
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Le parti possédait une autre formation auxiliaire, les Hitler-Jugend (Jeunesse hitlérienne), qui préparait les garçons âgés de quatorze à dix-sept ans à devenir membres des SA, des SS et du parti. La Auslandsorganisation (« Organisation étrangère ») dirigeait la propagande national-socialiste, elle créait, finançait et dirigeait les organisations nazies pour les Allemands et les personnes d'origine allemande vivant à l'étranger.

L'ORDRE NOUVEAU.

Dès son arrivée au pouvoir, la direction du parti fut confrontée au problème crucial du chômage. Les industries allemandes ne tournaient qu'à 58 % environ de leur capacité et le pays comptait entre 6 et 7 millions de chômeurs. Nombre d'entre eux, inscrits au parti, attendaient d'Hitler qu'il mette en place le programme anticapitaliste promis par la propagande national-socialiste : suppression des cartels et relance de l'industrie par la stimulation des petites entreprises. La base du parti et les SA attendaient une « seconde révolution ». Hitler dut choisir entre un régime national-socialiste « plébéien » et une alliance avec les industriels et les officiers supérieurs de la Reichswehr. Il opta pour la seconde solution.
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Pour supprimer le chômage et relancer l'industrie allemande, Hitler instaura « l'Ordre nouveau ». La pleine utilisation de la machine industrielle allemande exigeait que le pays occupât une position dominante dans le commerce mondial, l'industrie et la finance ; les ressources en matières premières dont l'Allemagne avait été privée devaient être récupérées et le contrôle de toute autre ressource nécessaire devait être réalisé ; une flotte marchande adéquate et une infrastructure routière, ferroviaire et aérienne devaient être construites ; enfin, cette industrie devait être réorganisée de façon à être la plus efficace possible.
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Ce programme impliquait la suppression des restrictions économiques et politiques imposées par le Traité de Versailles et la réorganisation de l'économie en une économie de guerre. Le développement de l'industrie d'armement offrait en effet la possibilité de résorber le chômage et de répondre aux projets expansionnistes hitlériens. L'Allemagne devait devenir autosuffisante en matières premières, grâce à la mise au point de substituts artificiels, fruits de la recherche scientifique. Enfin, des réserves alimentaires suffisantes devaient être assurées par un développement contrôlé de l'agriculture. La réorganisation du monde du travail fut également une cause directe de la mise en place de l'Ordre nouveau.

ENCADREMENT DE LA POPULATION.
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Outre les organisations nazies, qui exigeaient de leurs membres une adhésion totale aux objectifs et aux moyens de l'idéologie, un très grand nombre de groupements fut créé. Leur objectif principal était le contrôle de tous les domaines de la vie civile (professionnel, caritatif, sportif, des loisirs) afin de détecter et d'éliminer les sujets nuisibles à l'État et d'adapter la population civile allemande à la doctrine nationale-socialiste.
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Par un processus de « mise au pas » (Gleichschaltung), tous les domaines de la vie publique : sociétés, organismes professionnels ouvriers et agricoles, éducation et culture, furent assujettis au parti. L'Église elle-même fut placée sous contrôle. Chaque groupe de population (femmes, jeunes, anciens combattants), chaque activité (loisirs, travail) servirent de prétexte à la mise en place d'organismes contrôlés par les nazis. Les syndicats libres furent interdits, remplacés par un syndicat unique, et les différents métiers furent organisés de manière corporatiste (professeurs, juristes, médecins, fonctionnaires, techniciens, etc.).
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L'Ordre nouveau exigeait l'abolition des syndicats et des coopératives, la confiscation de leurs ressources, l'abrogation des conventions collectives entre les travailleurs et leurs employeurs, l'interdiction du droit de grève, et l'obligation légale pour tous les travailleurs allemands d'adhérer au syndicat contrôlé par l'État, le Deutsche Arbeitsfront (« Front allemand du travail »). Les salaires étaient fixés par le ministère de l'Économie nationale. Des fonctionnaires du gouvernement, hommes de confiance nommés par le ministère de l'Économie nationale, s'occupaient des questions concernant les salaires et la durée et les conditions de travail.
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Les syndicats professionnels de commerçants et d'industriels de la République de Weimar furent transformés en organes de contrôle d'État. L'adhésion était obligatoire pour les employeurs. La surveillance de ces organismes fut confiée au ministère de l'Économie nationale, qui avait le pouvoir d'attribuer le monopole de représentativité des organisations syndicales dans leurs branches industrielles respectives, de créer de nouvelles associations, de dissoudre ou de fusionner celles qui existaient déjà et de nommer ou de renvoyer les dirigeants de ces associations.
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Par l'exercice de ces pouvoirs et conformément à la loi, le ministère de l'Économie développa les cartels existants et en forma de nouveaux. Les banques étaient « coordonnées » de façon similaire. Les droits à la propriété privée furent sauvegardés et les entreprises qui avaient été nationalisées furent reprivatisées, mais tous les propriétaires furent étroitement surveillés par l'État. Ces pratiques permirent au régime hitlérien d'éliminer la concurrence. L'Ordre nouveau finit par être dominé par quatre banques et un nombre relativement restreint de puissants conglomérats, notamment celui de la famille Krupp pour l'armement et la sidérurgie, et la célèbre Interessengemeinschaft Farbenindustrie (IG Farben), qui produisait des colorants, du caoutchouc synthétique, de l'essence et d'autres produits et participait ou dirigeait près de 400 entreprises.
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L'Ordre nouveau permit aux nazis d'enrayer le chômage, d'offrir aux travailleurs et aux agriculteurs allemands un niveau de vie acceptable, d'enrichir l'élite dirigeante de l'État, de l'industrie et du secteur financier et de créer un prodigieux instrument de guerre. Certaines entreprises eurent recours à la main-d'œuvre des prisonniers de guerre, des camps de concentration et des habitants des pays conquis, qui furent traités comme des esclaves. Les cartels fournirent également du matériel pour l'extermination systématique de millions de Juifs, Tziganes et autres groupes de populations par le gouvernement hitlérien.

LA SECONDE GUERRE MONDIALE : APOGEE ET EFFONDREMENT DU NAZISME.

La remilitarisation de l'Allemagne et son projet de regrouper tous les peuples de langue allemande au sein d'une même nation, au cœur du projet nazi, conduisirent inéluctablement l'Allemagne vers une politique expansionniste qui devait déclencher la Seconde Guerre mondiale.
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Les nazis s'activèrent politiquement et diplomatiquement à la création de la « grande Allemagne », au besoin par la force. Les principales étapes furent la remilitarisation de la Rhénanie (1936), la formation de l'axe italo-allemand (1936), l'intervention dans la guerre civile espagnole (1936-1939) en faveur des nationalistes de Franco, l'Anschluss (en fait une annexion) avec l'Autriche (1938), le démantèlement de l'État tchécoslovaque (1939), la signature d'un pacte de non-agression avec l'Union soviétique, prévoyant le partage de la Pologne. L'invasion de la Pologne le 1er septembre 1939 déclencha la Seconde Guerre mondiale.
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Hitler affirmait que le IIIe Reich durerait mille ans du fait que, selon lui, il était parvenu à dépasser les contradictions du capitalisme et du marxisme. Apparu dans une période de trouble international marquée par l'émergence de régimes fascistes ou de dictatures militaires classiques dans de nombreux pays d'Europe (Espagne, Italie, Portugal, Hongrie, Pologne), le nazisme prétendait être la solution à la crise économique et sociale des années 1930.
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La conquête territoriale et la domination des peuples au nom de la prétendue supériorité de la « race aryenne » étant inhérentes à ce projet, l'Europe fut mise à feu et à sang comme jamais dans l'histoire. La Seconde Guerre mondiale fit 50 millions de victimes. La « solution finale » mise en œuvre par les nazis pour exterminer les juifs aboutit à un véritable génocide (plus de 6 millions de morts). Les procès de Nuremberg, en 1945, révélèrent les crimes contre l'humanité commis par le régime nazi et ses collaborateurs.

 

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Connexités :
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Sources de référence :

MSN Encarta, encyclopédie de référence
Wikipédia, encyclopédie libre de référence

 

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