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Le SOCIALISME

 
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socialisme,
terme désignant à la fois un ensemble de courants doctrinaux s’opposant au capitalisme, et les mouvements politiques très divers qui ont visé à mettre ces doctrines en pratique. Tant la doctrine que les organisations socialistes, ayant pour but l’instauration d’une société plus juste, ont connu de profondes évolutions depuis leur naissance au XIXe siècle. L’objectif ultime des diverses organisations socialistes était originellement la société communiste, ou sans classe, ce qui supposait la mise à bas du capitalisme. Par la suite, une partie du socialisme s’est orientée vers la réforme du capitalisme, ou «réformisme», tandis que l’autre, le communisme, maintenait le cap sur la révolution. À la fin du XXe siècle, le socialisme connaît une crise d’identité face au discrédit des idéologies modernes, à l’échec de l’expérience socialiste dans l’ancien empire soviétique et à la montée en puissance du libéralisme et de l’économie de marché à l’échelle mondiale.

ORIGINES DU SOCIALISME.
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Le terme «socialisme» est employé, dans la première moitié du XIXe siècle, par les intellectuels radicaux européens, tels les Français Claude de Saint-Simon, Charles Fourier ou Étienne Cabet, et l’industrialiste britannique Robert Owen. Ils s’opposent au système capitaliste de production, jugé injuste et accusé d’exploiter les travailleurs. Le socialisme constitue une réaction contre la priorité accordée par le libéralisme à la réalisation de l’individu, aux droits et à l’égalité formels, aux dépens du bien collectif et de l’égalité réelle..
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Karl Marx et Friedrich Engels formulent la philosophie de l’histoire en fondant un socialisme se voulant scientifique : le matérialisme historique. Le marxisme considère le capitalisme comme une phase d’un processus historique, marquée par la lutte des classes entre la bourgeoisie et le prolétariat conduisant inéluctablement au socialisme, puis au communisme, c’est-à-dire à l’appropriation collective des moyens de production et au dépérissement puis à la disparition de l’État. Dès la fin du XIXe siècle, le socialisme marxiste est devenu l’idéologie de presque tous les partis ouvriers.
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Prenant un caractère plus organisé et conformément à sa vocation universelle, le socialisme donne d’abord naissance à la Ire Internationale (1864-1876), déchirée entre anarchistes et marxistes, puis à la IIe, fondée en 1889, dont procède la social-démocratie réformiste..
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Les socialistes pensent que le système capitaliste éliminera les petits producteurs jusqu’au moment où seules deux classes antagonistes, les capitalistes et les ouvriers, se feront face. Une crise économique majeure finira par ouvrir la voie au socialisme et à la propriété commune des moyens de production. À partir de ce constat commun, les dirigeants socialistes se divisent quant à la stratégie à adopter pour accélérer le passage du capitalisme au socialisme. .
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Se présentant comme l’héritier de la pensée de Marx, le Parti social-démocrate allemand (SPD), qui devient à la fin du XIXe siècle la référence majeure des autres partis européens, sur le plan organisationnel et idéologique, s’engage alors dans la voie électorale. Mais ce faisant, dans l’attente de parvenir au pouvoir, le SPD, allié aux syndicats, cherche dans l’immédiat par son action parlementaire à faire adopter un programme minimum. Il s’agit d’obtenir le suffrage universel, un système de protection sociale fondé sur un régime de sécurité sociale et de retraites, une régulation du marché du travail et l’entière reconnaissance des syndicats..
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En Grande-Bretagne, les puissants syndicats cherchent à influencer les libéraux plutôt qu’à former un parti ouvrier distinct. Le Parti travailliste n’est ainsi créé qu’en 1906. Il n’adopte un programme socialiste aspirant à la propriété collective qu’en 1918..
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Même si la plupart de ces socialistes excluent la participation à des gouvernements «bourgeois», ils se rallient au système parlementaire et semblent refuser désormais la violence révolutionnaire. Cette attitude suscite l’hostilité d’une partie des socialistes, qui ne se satisfont pas de cet attentisme proposé par le programme minimum. Certains, telle Rosa Luxemburg préconise le recours à la grève générale, comme arme révolutionnaire, d’autres, tel Lénine, organise leur parti en vue d’une prise de pouvoir par la révolution.

EVOLUTIONS ET RUPTURES.
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Une rupture majeure intervient au cours de la Première Guerre mondiale. La révolution russe d’octobre 1917 divise les partisans des bolcheviks de Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, et les réformistes sociaux-démocrates, dont la plupart ont soutenu leurs gouvernements nationaux durant la guerre. Les premiers prennent le nom de «communistes». Les seconds demeurent, sous différents noms (Parti travailliste en Grande-Bretagne, Parti social-démocrate en Allemagne, Parti socialiste en Italie), le courant dominant du mouvement ouvrier européen durant l’entre-deux-guerres. En France, après la fédération, lors du congrès de Paris de 1905, des nombreuses formations socialistes dans la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), l’unité est rompue au congrès de Tours de 1920. La majorité de la SFIO, favorable à la révolution russe, forme alors le Parti communiste français (PCF), alors qu’une minorité se maintient dans la SFIO autour de Léon Blum. .
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En Occident, face à l’expérience soviétique, les socialistes, a contrario des communistes, acceptent progressivement les règles fondamentales de la démocratie libérale : élections libres, droits civils, pluralisme politique, représentation. Ils parviennent dès lors à accéder au pouvoir, bien que de façon intermittente. C’est le cas, par exemple, en Grande-Bretagne et en Allemagne dans les années vingt. La rivalité entre socialistes et communistes ne connaît que de brefs intermèdes, comme, au milieu des années trente, lorsque se constituent des «fronts populaires» destinés à lutter contre le fascisme. En France, Léon Blum, placé à la tête d’un tel mouvement, devient ainsi président du Conseil en 1936.

LE SOCIALISME MODERNE.
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Après 1945, dans de nombreux pays d’Europe occidentale, les partis socialistes représentent l’alternative à la fois face aux partis conservateurs compromis avec le nazisme ou le fascisme et face aux partis communistes, au pouvoir en Europe de l’Est. Les partis socialistes se concentrent sur les réformes économiques et sociales au sein du capitalisme. La protection sociale, qui, dans les termes du réformateur libéral britannique William Beveridge, protégerait tous les citoyens «du berceau à la tombe», constitue l’un des grands axes de cette politique. Il s’agit également d’assurer le plein emploi grâce à l’interventionnisme macroéconomique prôné par John Maynard Keynes. Ces mesures donne naissance à ce que l’on appelle l’État-providence, tel qu’il se constitue en particulier en Grande-Bretagne sous l’impulsion des travaillistes entre 1945 et 1951. .
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C’est surtout après 1945 que le socialisme est associé à la gestion de l’économie par l’État et à l’extension du secteur public par les nationalisations, forme de collectivisation des moyens de production, bien que celles-ci ne soient pas, en pratique, l’apanage des socialistes. Les sociaux-démocrates allemands, au pouvoir dans des gouvernements de coalition de 1966 à 1982, concentrent leurs efforts sur le développement économique, et expérimentent des formes de démocratie industrielle comme la cogestion..
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Dans le domaine des affaires étrangères, la plupart des partis socialistes se rangent du côté de l’Ouest durant la guerre froide, même si d’importantes minorités dénoncent la politique étrangère des États-Unis et affichent leur solidarité avec le tiers-monde.

DEPASSEMENT DU MARXISME.

Vers la fin des années cinquante, les partis socialistes d’Europe occidentale commencent à abandonner ouvertement le marxisme, acceptent l’économie mixte, relâchent les liens qu’ils entretenaient avec les syndicats, et condamnent l’expérience des démocraties populaires européenne, cubaine ou vietnamienne. Le nouveau but du socialisme est la redistribution de la richesse d’après les principes de la justice sociale et de l’égalité.
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Entre 1945 et 1975, les partis socialistes, qui connaissent un grand essor et sont regroupés depuis 1951 au sein de l'Internationale socialiste (IS), accèdent au pouvoir en Europe occidentale, soit seuls, soit au sein d'une coalition. Mais la crise des années soixante-dix, en remettant en cause les principaux acquis de leur gestion, notamment le système de protection sociale et l’État-providence, entraîne leur reflux. Ainsi en Suède, les sociaux-démocrates, après plusieurs décennies à la tête du pays, perdent le pouvoir en 1976. Cependant, l’échec des politiques libérales menées par les partis de droite les ramènent au gouvernement. En France, François Mitterrand est élu président de la République en 1981 avec l’appui du Parti socialiste (PS), fondé en 1969, et une majorité socialiste entre à l’Assemblée nationale, provoquant la première alternance de la Ve République.

CRISE D'IDENTITE DU SOCIALISME.
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Le début des années quatre-vingt-dix est marqué par une crise profonde de l’identité socialiste liée à plusieurs facteurs.
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L’évolution sociologique en Europe occidentale tout d’abord entraîne une modification de l’électorat socialiste. En effet, l’idée de la classe ouvrière conçue comme «classe universelle» préfigurant un avenir post capitaliste apparaît désormais en décalage par rapport à la réalité des sociétés postindustrielles.
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Une autre cause de cette crise découle de l’effondrement du communisme. Les socialistes se présentent désormais comme la seule alternative au libéralisme alors même que leur expérience gouvernementale et leur action politique dans les années quatre-vingt les avaient conduit à se rapprocher du libéralisme, en se ralliant à la politique de monnaie forte, en réduisant les déficits publics et en réduisant les programmes sociaux.

Le socialisme européen de la fin du XXe siècle s’appuie sur la reconnaissance de la nécessité d’une forme de régulation supranationale : l’Union européenne, la création d’un «espace social» européen, la croissance économique respectueuse de l’environnement ou l’organisation d’un ordre mondial visant à réduire le clivage entre les pays industriels et les pays en développement.
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Il existe de fortes différences d’approche et de conception entre les principaux partis européens. Le Parti travailliste, devenu le New Labour sous la conduite de Tony Blair, se recentre vers les classes moyennes et tente de s’inscrire au centre-gauche sur l’échiquier politique en se rapprochant du programme et de l’idéologie du Parti démocrate américain. Le SPD, sous l’impulsion de Gerhard Schröder, mêle discours de gauche et pratique modérée, tandis que le PS français s’attache à renouer avec la tradition socialiste soucieuse de justice sociale.

 

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Connexités :
- Communisme
- Capitalisme
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- Fascisme
- Lénine

- Révolution d'Octobre
- URSS

Sources de référence :

MSN Encarta, encyclopédie de référence
Wikipédia, encyclopédie libre de référence

 

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